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Reconfinement : en coulisses, le «bureau des pleurs» de Brigitte Macron

En ce reconfinement, Brigitte Macron est très sollicitée par des artistes, des intellectuels, ou des connaissances qui militent pour des dérogations à leur secteur. Elle a plaidé pour l’ouverture des écoles et des librairies.

 Les amis de Brigitte Macron lui reconnaissent une certaine influence : «Elle accompagne le président dans les décisions.»
Les amis de Brigitte Macron lui reconnaissent une certaine influence : «Elle accompagne le président dans les décisions.» Sipa/Sébastien Ortola

Cloîtrée à l'Elysée. Avec l'annonce du confinement, l'emploi du temps de Brigitte Macron a été percuté de plein fouet. L'épouse du chef de l'Etat devait se rendre à l'hôpital Necker à Paris, au chevet d'enfants gravement malades. Annulé. Elle allait participer à une action contre le harcèlement en ligne. Reporté. Idem pour une campagne de sensibilisation aux violences sur les enfants. Quant à ses cours de littérature et de théâtre, dans l'école de la seconde chance qu'elle pilote à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), ils se tiendront désormais en visioconférence.

Le téléphone de la « première dame » n'en est pas pour autant devenu silencieux. C'est même tout le contraire. Il est pris d'assaut par le Tout-Paris. « C'est le bureau des pleurs, chacun plaide que son secteur d'activité est indispensable », raconte un proche. Artistes, intellectuels, connaissances militent pour des restrictions et des dérogations. « J'en parlerai à Emmanuel », répond-elle parfois à ses interlocuteurs.

Enseignante de profession, Brigitte Macron a défendu auprès de son mari l'ouverture des écoles, au nom de la lutte contre le décrochage scolaire. Marquée par l'attentat contre Samuel Paty, Brigitte Macron a exprimé sa tristesse dans une lettre. Le métier de « prof », écrit-elle, consiste à « développer l'esprit critique » pour rendre les élèves « libres ». Cette fan de culture espérait que les librairies seraient épargnées par le couperet du confinement. Une position qu'a soutenue Emmanuel Macron jusqu'à mercredi matin. Avant de changer d'avis. « Lors du conseil de défense, le président a re-regardé les chiffres sanitaires, se souvient un témoin. C'était intenable, il fallait fermer le maximum de commerces. »

«Elle donne son avis, c'est un couple uni, mais elle ne s'arroge rien»

« Madame Macron n'intervient pas dans les arbitrages, elle a une activité propre », assure l'un de ses conseillers au palais. Ses amis lui reconnaissent toutefois une certaine influence. « Brigitte Macron l'accompagne dans les décisions », avance un ami du couple. Un autre ajoute : « Elle donne son avis, c'est un couple uni, mais elle ne s'arroge rien. »

Comme « première dame », Brigitte Macron s'est retrouvée aux premières loges de la crise sanitaire. En 2019, elle a repris le flambeau de Bernadette Chirac à la présidence de la fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France. Avec cette casquette, elle a fait livrer du matériel (blouses, masques, seringues automatiques, etc.) dans les établissements de santé lors du premier pic épidémique. En janvier prochain, elle lancera une nouvelle opération « pièces jaunes ». Avec des cagnottes en ligne, car les Français privilégient de plus en plus le paiement « sans contact » aux monnaies sonnantes et trébuchantes.

Après avoir été récemment « cas contact », Brigitte Macron a passé un test PCR qui s'est révélé négatif. Le traditionnel week-end à Honfleur (Calvados) du couple Macron pour la Toussaint est tombé à l'eau pour cause de confinement. Les prochaines semaines s'annoncent d'autant plus sédentaires que les services de sécurité s'inquiètent d'une menace croissante sur les Macron, depuis la flambée de colère dans une partie du monde musulman, après la republication des caricatures de Mahomet.