Projet de loi «séparatisme» : première haie franchie pour l’exécutif

Après plus de deux semaines de débat, le projet de loi va être soumis au vote solennel à l’Assemblée ce mardi. La majorité est restée soudée. L’opposition, elle, est divisée.

 A force de déminages en amont, le projet de loi « séparatisme » de l’exécutif passe sans heurts à l’Assemblée nationale (Illustration).
A force de déminages en amont, le projet de loi « séparatisme » de l’exécutif passe sans heurts à l’Assemblée nationale (Illustration). LP/Olivier Arandel

« On nous disait que ce serait un drame, le texte de tous les dangers. Finalement, il n'en a rien été, se félicite Gérald Darmanin. La majorité a largement soutenu le texte et c'est l'opposition qui s'est divisée. » Après plus de deux semaines de débat dans l'hémicycle, le ministre de l'Intérieur a le sourire à l'heure du vote solennel sur le projet de loi. A force de déminages en amont (absence du mot « islamisme », refus du débat sur le voile des fillettes et assouplissement des mesures sur l'instruction à domicile ), le chantier régalien de la fin du quinquennat passe sans heurts. « L'actualité a joué aussi. Il n'y a pas eu de polémiques extérieures du type du burkini ou d'attentats qui auraient pu électriser le climat », note l'un des protagonistes du dossier.

La gauche, de son côté, a eu du mal à cacher sa gêne. En tout cas au PS et chez les Communistes. Si le groupe La France Insoumise votera contre à l'unanimité le texte sur les principes de la République — trop grande stigmatisation des Musulmans pour Jean-Luc Mélenchon et ses compagnons —, c'est en revanche, une forte hésitation, voire un vrai dilemme, qui se pose pour les socialistes et les communistes.

Le gouvernement scrutera le vote de Marine Le Pen

Les deux groupes attendront d'ailleurs le dernier moment et leur réunion de groupe respective, ce mardi matin, pour arrêter une position. Les députés PS et PCF très attachés à la défense de la laïcité devraient s'abstenir. « Le problème de cette loi est moins ce qu'elle contient que ce qu'elle ne contient pas, argumente un élu communiste. Comme les mesures contre le séparatisme social ou en faveur des services publics et notamment de l'école. »

A droite, aussi, le texte sur les « principes républicains » a posé question. « Certains députés LR ont présenté des amendements radicalement différents, grince un ministre. On sent bien le clivage entre ceux qui viennent du RPR, plutôt pro-laïc, et ceux qui considèrent que la religion a son importance dans la vie de la société. » Enfin, le gouvernement scrutera le vote de Marine Le Pen et des élus RN, lesquels devraient s'abstenir. Un choix que les macronistes se feront un plaisir de rappeler pendant la présidentielle…