Prise de bec à l’Assemblée : Marlène Schiappa reproche une «allusion inélégante» à Alexis Corbière

Alors que les députés planchaient sur l’encadrement des associations, Alexis Corbière a fait référence au père de la ministre, Jean-Marc Schiappa, historien sympathisant de la France insoumise.

 La ministre chargée de la Citoyenneté Marlène Schiappa s’exprime lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 2 février 2021.
La ministre chargée de la Citoyenneté Marlène Schiappa s’exprime lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, à Paris, le 2 février 2021. AFP

Nouvelle passe d'armes à l'Assemblée nationale. Loin du sujet du séparatisme islamiste, Marlène Schiappa et Alexis Corbière se sont vivement opposés vendredi à l'Assemblée nationale, la ministre accusant le député LFI d'avoir fait une « allusion inélégante » à son père, proche des Insoumis.

Alors que les députés planchaient sur l'encadrement des associations, Alexis Corbière a cité à l'attention de Marlène Schiappa l'association La Libre Pensée, « que vous connaissez bien », a-t-il ajouté.

Quelques instants plus tard, la ministre chargée de la Citoyenneté s'est indignée de cette « allusion personnelle » et « inélégante », y voyant une référence à son père Jean-Marc Schiappa, historien sympathisant de LFI et président du département d'études de cette association de défense stricte de la laïcité.

« J'adore mon père », a poursuivi la ministre mais, « en 2021, les filles ne sont pas obligées de penser comme leur père ». Jean-Marc Schiappa est « un excellent historien, mais aussi un excellent féministe, qui n'utiliserait jamais d'argument patriarcal ou d'autorité pour contraindre une de ses filles à penser comme lui - c'était le sens de l'allusion que vous avez faite », a lancé la ministre.

Dans le brouhaha, Marlène Schiappa a ajouté à l'attention d'Alexis Corbière : « C'est vous qui êtes inélégant en faisant des allusions voilées à mon père […] et en plus vous ne laissez pas parler les femmes ». « Je remercie M. Corbière de se souvenir de mon prénom, qui est Marlène et pas 'machine' », a-t-elle aussi glissé, allusion à des propos de Jean-Luc Mélenchon, la veille, faisant mine d'avoir oublié son prénom.

« La défense des femmes est un combat important »

Devant le tohu-bohu, le président de séance Hugues Renson (LREM) a appelé à la reprise de « débats sereins, sans tomber dans la facilité de la provocation d'un côté ou de l'autre ».

Alexis Corbière a alors exprimé son « respect » pour la représentante du gouvernement, et expliqué notamment que Marlène Schiappa avait eu l'occasion de rencontrer l'association dans le cadre des travaux préparatoires au projet de loi contre le séparatisme.

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« La défense des femmes est un combat important » et « je n'ai jamais sous-entendu que vous pensez comme l'historien Jean-Marc Schiappa […] qui s'avère être votre père » en même temps que « notre ami et notre camarade », a ajouté le député de Seine-Saint-Denis. Et de compléter : « Quand on est en désaccord avec vous, on n'est pas forcément un macho ou un anti-républicain », a-t-il ajouté.

« Le sexisme n'a pas sa place dans notre société »

Les accusations de sexisme à l'Assemblée ont ressurgi ces derniers jours, notamment après la prise de parole, mardi soir, de la députée La France Insoumise (LFI) du Val-de-Marne, Mathilde Panot. Alors que l'élue tentait de s'exprimer ce soir-là depuis la tribune de l'hémicycle, plusieurs insultes sexistes (« poissonnière », « c'est la folle ») lui ont été adressées depuis les rangs de la majorité, estime-t-elle.

Dans la foulée, le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand (LREM), avait « fermement condamné » les propos tenus à l'encontre de la députée. « Le sexisme n'a pas sa place dans notre société, encore moins dans l'expression d'un élu de la République, au sein même de l'hémicycle », avait souligné la présidence de l'Assemblée dans un communiqué. De con côté, le député LREM de Vendée Pierre Henriet avait quant à lui présenté ses excuses sur Twitter.