Présidentielle : les Insoumis veulent toujours croire à un ralliement du PC à Mélenchon

Les communistes défendent une candidature autonome en 2022, mais chez LFI, beaucoup sont persuadés qu’ils finiront par se rallier à leur bannière.

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 Fabien Roussel, député du Nord et secrétaire national du Parti communiste, défend l’idée d’une candidature autonome de sa formation en 2022.
Fabien Roussel, député du Nord et secrétaire national du Parti communiste, défend l’idée d’une candidature autonome de sa formation en 2022. LP/Olivier Corsan

Présenter un candidat sous ses couleurs à la présidentielle de 2022? L'idée titille toujours le parti communiste qui ne l'a pas fait depuis près de quinze ans. Samedi 30 janvier, un Conseil national a ouvert le débat interne sur la question et lancé un appel à contributions et à candidats. Depuis des semaines, le numéro un du PC Fabien Roussel défend l'option d'une candidature autonome (lui-même s'est déclaré), même si la décision ne sera pas tranchée avant une conférence nationale en avril, et surtout un vote des militants organisé du 7 au 9 mai.

Pas question de bousculer le calendrier. Au risque de jouer avec les nerfs de Jean-Luc Mélenchon qui s'est lancé depuis novembre dans sa troisième campagne présidentielle et tend la main à ses anciens alliés. « C'est plombant comme situation, soupire un cadre de La France insoumise. Ce ne serait pas très motivant pour notre électorat de voir que le rassemblement, qu'on a réussi en 2012 et 2017, n'est plus possible. »

«Sur le fond, on converge complètement»

Pourtant, beaucoup au sein du mouvement de Jean-Luc Mélenchon continuent de parier sur une alliance avec le PC, qui, en plus d'envoyer un signal d'ouverture, permettrait à leur candidat de bénéficier de l'appareil militant du parti et de faciliter l'obtention des 500 signatures maires et grands élus nécessaires pour concourir. « J'y crois encore. On est dans une période où l'on se reparle : le climat est positif », assure le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière, rappelant que la candidate LFI aux régionales en Ile-de-France Clémentine Autain vient de recevoir l'appui des militants PC franciliens pour mener une liste de rassemblement.

« J'observe que les formulations de Fabien Roussel sont encore ouvertes et qu'il n'est pas totalement opposé à nous rejoindre, poursuit le parlementaire. Il faut continuer à tendre la main aux communistes, ne pas être arrogant, ne pas les mettre au pied du mur. » La perspective d'un accord, de nouveau proposé par Mélenchon en décembre sur la base « d'un programme partagé et d'une répartition de candidatures communes aux élections législatives », semblerait également « logique » aux yeux du député du Nord Adrien Quatennens.

« Sur le fond, on converge complètement. Nous avons défendu le même programme et le même candidat à deux reprises. Et à l'Assemblée, nos votes sont à 90 % les mêmes », rappelle-t-il. Et le même de noter que le sujet d'une candidature autonome provoque des « déchirements en interne », plusieurs élus communistes ayant décidé de soutenir Mélenchon sans attendre, comme les députés Marie-George Buffet, Elsa Faucillon et Sébastien Jumel, ou encore le maire de La Courneuve Gilles Poux.

«Quel serait l'intérêt de faire 2% des voix à la présidentielle ?»

Certains Insoumis soupçonnent le numéro un du PC de faire durer le suspense pour faire monter les enchères. « Il peut y avoir une dimension tactique de la part de Fabien Roussel, relève ce parlementaire LFI. Tant qu'il n'est pas derrière Mélenchon, il existe davantage. Et laisser croire qu'il peut être candidat est peut-être une manière de pouvoir négocier un bon accord aux législatives. Au bout du bout, ma conviction c'est qu'il nous rejoindra : l'esprit de responsabilité l'emportera. Quel serait l'intérêt de faire 2% des voix à la présidentielle ? »

Mais chez les communistes, on martèle que Fabien Roussel s'est fait élire secrétaire national en novembre 2018 sur une ligne de réaffirmation de l'identité du parti communiste. Dans le parti, personne na pas oublié qu'en 2017, malgré leur soutien au candidat LFI, aucun accord n'avait finalement été possible pour les législatives. « Rejoindre Jean-Luc Mélenchon ? Je ne crois pas que ce soit l'option majoritaire dans le parti, assure Pierre Lacaze, le Monsieur Elections du PC. Il s'est déclaré candidat sans chercher à obtenir notre soutien et veut maintenant se rapprocher. Nous avons des différences et le PC porte une parole originale : nous venons de fêter nos 100 ans mais notre histoire n'est pas terminée. »