Présidentielle 2022 : Yannick Jadot «avance avec détermination»

L’écologiste fait un pas de plus vers la présidentielle en lançant ce mercredi sa plate-forme d’idées « 2022, l’écologie ». Il propose notamment de créer un revenu citoyen accessible dès 18 ans qui fusionnera le RSA et la prime d’activité.

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 « Ma responsabilité est de convaincre les Français que l’écologie est le seul chemin, et que ce chemin, nous allons le tracer ensemble », confie Yannick Jadot.
« Ma responsabilité est de convaincre les Français que l’écologie est le seul chemin, et que ce chemin, nous allons le tracer ensemble », confie Yannick Jadot.  LP/Guillaume Georges

L'eurodéputé Yannick Jadot lance ce mercredi « 2022, l'écologie », une « plate-forme d'idées » en ligne tournée vers la présidentielle.

Avec votre plateforme, « 2022 L'Ecologie », vous êtes officiellement candidat à la présidentielle ?

YANNICK JADOT. Je m'y prépare. L'heure n'est pas aux déclarations de candidature mais à répondre aux urgences auxquelles sont confrontés nos concitoyens. Il va falloir réparer, reconstruire la France. Cette plate-forme nous permettra d'apporter des réponses aux enjeux de protection de la santé et de la nature, d'égalité, d'accès aux services publics et de relocalisation économique. J'avance avec détermination sur ce chemin de la présidentielle de 2022.

Quelles sont vos idées-forces ?

Nous mettons dans le débat une quinzaine de propositions pour une République écologique et sociale. Un plan d'investissement de 20 milliards d'euros par an dédié à la reconstruction verte de l'économie. Celui-ci permettrait de rendre accessible à tous la rénovation thermique des logements qui serait prise en charge à 100 % pour les plus vulnérables. D'organiser la transformation du secteur automobile pour stopper à partir de 2030 la vente des véhicules diesel et thermiques. C'est un enjeu majeur de santé et une opportunité d'innovation industrielle. Par ailleurs, chaque euro d'aide publique aux entreprises devra être conditionné au respect du climat, du progrès social et de l'égalité hommes-femmes.

Que proposez-vous pour répondre à la crise sociale ?

Nous allons créer un revenu citoyen accessible dès 18 ans qui fusionnera le RSA et la prime d'activité. Il sera immédiatement porté à 665 euros pour une personne seule. Et pour répondre à la crise du logement tout en renforçant la mixité sociale, nous ferons passer de 25 à 30 % le seuil minimal de logements sociaux dans les zones en tension. Pour offrir à chacun une meilleure alimentation, nous réduirons la TVA à 0 % sur les produits bio.

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Et en matière de sécurité ?

Pour que le ministère de l'Intérieur se concentre sur sa mission de sécurité, nous le transformerons en un ministère de la protection républicaine. Ses autres domaines de compétences en matière d'asile, de migration, de cultes ou de protection des libertés seront transférés au ministère de la Justice ou à un ministère des Solidarités et de l'Intégration. A travers une grande loi de programmation, nous pourrons alors renforcer les effectifs, la formation et les moyens de la police et de la gendarmerie.

Allez-vous donner une forme institutionnelle à votre plate-forme ?

Les statuts de 2022, l'Ecologie ! ont été déposés en décembre et validés par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques à la mi-janvier. Cette plate-forme a pour but de faire vivre le débat d'idées et de lever des fonds. Thierry Brochot, qui a été pendant des années le trésorier d'EELV, en est le secrétaire général.

Mais allez-vous vous présenter aux primaires d'EELV et des partis partenaires ?

J'ai toujours été loyal à ma famille politique et je le resterai. Les écologistes ont posé le cadre pour la désignation d'une candidature issue de notre famille. J'en prends acte. Il faudra, cependant, que cette primaire s'inscrive dans la construction d'une candidature commune à l'écologie et à la gauche. Mais ma conviction, c'est que la seule candidature qui puisse gagner est une candidature écologiste qui saura rassembler l'espace politique entre Mélenchon et Macron.

N'êtes-vous pas en contradiction avec Eric Piolle, le maire EELV de Grenoble, qui cherche un rassemblement avec La France Insoumise ?

L'électorat de Jean-Luc Mélenchon soutiendra, j'en suis certain, une candidature de rassemblement pour faire gagner la gauche et l'écologie. J'ai cependant des divergences avec Jean-Luc Mélenchon, notamment sur son rapport à la démocratie. Comment peut-il préférer la Russie de Poutine aux Etats-Unis de Biden ? Ou se défier comme il le fait de l'Europe ? Il est pour moi hors de question de remplacer un dirigisme d'Etat, aujourd'hui technocratique et libéral, par un autre dirigisme d'Etat, fut-il rouge ou même vert. Les forces vives de notre pays, les salariés, les entreprises, les forces vives de la recherche, des associations, des territoires, doivent être au cœur de ce nouveau projet de société.

N'êtes-vous pas en concurrence frontale avec Anne Hidalgo ?

Anne Hidalgo est une personnalité politique importante, membre du parti socialiste. Cependant, il ne vous aura pas échappé que la social-démocratie gouvernait le pays il y a encore quatre ans et qu'elle a alors montré ses limites. Elle évolue positivement mais on a changé d'époque. La seule force politique d'avenir, c'est l'écologie.

Si les sondages mettent en avant une personnalité socialiste, est-ce que vous vous effaceriez ?

Je me suis effacé en 2017 derrière un candidat socialiste, Benoît Hamon. Je l'ai fait au nom de mes convictions. J'en ai tiré toutes les leçons et je suis aujourd'hui convaincu que le temps de l'écologie est venu, que nous avons les compétences et la capacité de gouverner si nous savons rassembler.

Vous dites que le temps des candidatures n'est pas venu. Quand pourriez-vous annoncer la vôtre ?

Une fois que le pays sera sorti de cette situation sanitaire et sociale extrêmement difficile. Et nous devrons nous mobiliser pleinement pour les départementales et les régionales. Il sera temps alors de se dédier entièrement à cette campagne présidentielle qui, plus que l'élection d'un homme ou d'une femme, sera le début de la reconstruction d'un pacte citoyen pour retrouver une France apaisée, qui mobilise ses incroyables énergies pour faire face aux défis du climat, de la santé et de la solidarité.

On vous dit un peu seul au sein de votre parti…

Il y a quelques jours encore, nous étions 350 militants à participer à un débat zoom sur le rôle de la France au sein de l'Europe et dans le monde. Un débat riche pour alimenter notre plate-forme d'idées. Une centaine d'experts et d'acteurs sociaux y contribuent également à travers des groupes thématiques. Aussi, cette fable sur mon isolement n'est pas seulement fausse, elle n'est pas respectueuse de l'engagement de ces personnes. Ma responsabilité aujourd'hui, avec ces militants, est de convaincre les Français. Les convaincre que l'écologie est le seul chemin, et que ce chemin, nous allons le tracer ensemble sans laisser personne sur le bord de la route. Nous allons rénover l'industrie, investir massivement sur la recherche et soutenir les jeunes. Et ce projet donnera à la France les plus belles raisons de croire de nouveau en elle-même.