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Présidentielle 2022 : pour Damien Abad, «il n’y a pas de plan B parce qu’il n’y avait pas de plan A»

Le patron des députés LR explique comment il voit la situation de son parti après que François Baroin lui a confié ne pas vouloir briguer un mandat présidentiel.

 «La question maintenant, c’est de savoir qui sera candidat et comment on les départage », relève Damien Abad, le patron des députés LR.
«La question maintenant, c’est de savoir qui sera candidat et comment on les départage », relève Damien Abad, le patron des députés LR. LP/Olivier Corsan

Depuis plusieurs jours, certains cadres LR le glissaient en chuchotant et en faisant promettre de ne pas le répéter : François Baroin leur avait confié en tête à tête qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle. Un secret de Polichinelle depuis plusieurs semaines mais enfin confirmé de la bouche du cheval. « L'Opinion » a révélé mercredi qu'il avait même renoncé pour le moment à l'annoncer publiquement alors qu'il s'était engagé à lever le voile sur ses intentions au cours de l'automne.

« Il ne parle pas parce que c'est complètement décalé par rapport au contexte sanitaire et économique », confirme et justifie auprès du « Parisien » son entourage. Une façon aussi pour lui de marquer sa différence avec le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qu'il n'apprécie pas, et qui assume, lui, de viser l'Elysée. Une discrétion censée ne pas mettre en difficulté le président de LR Christian Jacob, élu largement à la tête du parti avec la « promesse de vente », comme le formule un élu, de propulser la candidature de Baroin.

Pour ne pas perdre la face, Christian Jacob a minimisé ce mercredi la portée du renoncement de son champion : « C'est son choix, ce n'est pas un scoop. » Pas sûr pour autant que le parti échappe désormais aux divisions. Auprès du « Parisien », le patron des députés LR, Damien Abad, confirme que François Baroin lui a bien dit qu'il renonçait à la course présidentielle et appelle à dégager une « solution consensuelle ».

François Baroin vous a-t-il confié qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle ?

DAMIEN ABAD. Le 30 septembre, nous avons eu un échange franc, direct et sincère et il m'a confirmé qu'à ce jour, les conditions ne sont pas réunies pour une candidature à la présidentielle. Se mêlent des considérations personnelles mais aussi politiques. La France est dans une crise importante et il considère que la question des ambitions présidentielles est moins importante pour les Français que les questions sanitaires et économiques.

Est-ce un coup dur pour votre famille politique ?

Ce choix est tout à fait respectable et il doit être respecté. Il invite au respect et à la considération. Il montre que François Baroin est quelqu'un qui se pose des questions, qu'il est sain, équilibré et qu'il n'est pas dévoré par sa seule ambition personnelle. Il restera par ailleurs pleinement impliqué dans notre famille politique. C'est quelqu'un qui a beaucoup d'atouts et de qualités. Donc, forcément, il y a chez certains députés et cadres de notre famille politique une déception. Mais moi, je ne suis ni déçu ni abattu. François Baroin reste président de l'association des maires de France et reste donc une voix qui va compter dans les mois à venir.

A vos yeux, il peut toujours rester un recours ?

En politique, par principe, il ne faut rien exclure. Ce qui est sûr, c'est qu'il n'est pas un retraité de la vie politique française. Si les circonstances politiques évoluaient, sa propre décision pourrait évoluer également.

Le parti avait mis beaucoup d'espoir dans sa candidature. C'est quoi le plan B maintenant ?

Il n'y a pas de plan B parce qu'il n'y avait pas de plan A! On ne doit pas raisonner en termes de choix par défaut. La seule vérité qui compte, c'est de savoir qui sera ou ne sera pas sur la ligne de départ. On a entendu Xavier Bertrand et Bruno Retailleau. Pour les autres, cela reste indécis. Donc la question maintenant, c'est de savoir qui sera candidat et comment on les départage.

Justement, mercredi matin, Bruno Retailleau a affirmé qu'il « voyait bien » que son parti « faisait tout pour tuer la primaire… » Comment éviter que LR n'explose sous le poids des ambitions ?

Christian Jacob réalise un gros travail afin de rassembler tous les élus dans la même maison. Je ne doute pas que nous trouverons une solution consensuelle. Pour gagner, nous avons tous intérêt à ce qu'un seul candidat porte nos couleurs à l'élection présidentielle. Les députés Les Républicains qui se présenteront en 2022 n'accepteront aucune division.