Présidentielle 2022 : comment les écologistes concoctent leur primaire

Le pôle écologiste autour d’EELV va mettre en ligne une plateforme sur laquelle militants et sympathisants pourront désigner en septembre leur candidat pour 2022. Mais Yannick Jadot remet déjà en cause cette primaire et son périmètre.

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 Le pôle écologiste, réuni autour d’EELV et son secrétaire national Julien Bayou, prépare la primaire écologiste dont le vote est fixé en septembre.
Le pôle écologiste, réuni autour d’EELV et son secrétaire national Julien Bayou, prépare la primaire écologiste dont le vote est fixé en septembre. LP/Olivier Corsan

La présidentielle, Yannick Jadot s'y « prépare ». Ce mercredi l'eurodéputé EELV a officiellement mis en ligne sa plateforme « 2022, l'écologie! » sur laquelle il présente quinze premières propositions « pour une République écologique et sociale ». Des idées donc mais pas encore de candidature à la primaire ouverte des écologistes prévue en septembre. Son probable concurrent, le maire de Grenoble Eric Piolle, qui a également lancé la semaine dernière sa plateforme politique « Une autre idée de demain », attend lui aussi. Seule Sandrine Rousseau, ex-numéro 2 d'EELV, s'est officiellement déclarée.

Pourtant, en coulisses, les préparatifs de cette primaire organisée par le pôle écologiste, à savoir Europe Ecologie-les Verts et cinq petits partis partenaires, vont bon train. « On a un plan et on s'y tient », confirme le numéro un d'EELV Julien Bayou. Début mars, une plateforme numérique sera mise en ligne et servira à la fois à bâtir le programme écolo pour 2022 et à voter pour désigner le candidat qui concourra à la présidentielle. Elle sera ouverte aux militants des six partis concernés (quelque 35 000 adhérents) mais aussi aux sympathisants qui devront débourser 1 ou 2 euros afin de financer le dispositif. Ceux-ci devront au préalable signer une charte dans laquelle ils s'engageront à soutenir le candidat victorieux.

«Elles ne doivent pas devenir des machines à perdre»

Aucun objectif de participation n'a été fixé mais les plus optimistes espèrent jusqu'à 200 000 participants. « Objectivement, il n'a jamais été aussi important de savoir qui représentera l'écologie à la présidentielle », insiste Hélène Hardy, déléguée aux élections à EELV. Les mois qui viennent seront jalonnés de six conventions thématiques pour nourrir le projet présidentiel. Quant aux candidats, ils pourront se déclarer à partir de juillet et seront présentés aux journées d'été des écologistes, fin août. Avant le vote en septembre, donc. « La rentrée sera verte et on sera pleinement opérationnel à l'automne », prédit Julien Bayou

Ce scénario idéal ira-t-il à son terme ? Tout en se disant « loyal à (sa) famille politique » dans une interview au Parisien, Yannick Jadot a jeté un pavé dans la mare, laissant entendre ce mercredi lors d'une conférence de presse qu'il n'adhérait pas totalement au format de cette primaire entre seuls écologistes. Partisan « d'une candidature commune entre Mélenchon et Macron » donc englobant les socialistes, il a défendu « un processus de désignation à l'échelle de cet espace politique ».

« J'espère, je ne doute pas, que l'intelligence collective nous amènera à prendre les bons choix », a également prévenu l'eurodéputé avant de lâcher : « Les primaires ne doivent pas devenir des machines à perdre. » Des déclarations lourdes de menaces qui ne placent pas la primaire écolo sous les meilleurs auspices.