Présidentielle 2022 : Anne Hidalgo part de très loin

Un sondage ne crédite la maire de Paris que de 6 % d’intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle. Pas de quoi rassurer Anne Hidalgo qui veut créer les conditions d’une candidature en 2022.

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 Si elle veut conquérir l’Elysée, Anne Hidalgo va devoir séduire au-delà du périphérique et se faire connaître en régions.
Si elle veut conquérir l’Elysée, Anne Hidalgo va devoir séduire au-delà du périphérique et se faire connaître en régions.  LP/Arnaud Dumontier

« Si j'étais candidate, ce ne serait pas pour témoigner… » Depuis son bureau de la mairie de Paris, Anne Hidalgo jette des petits cailloux pour réunir les conditions d'une candidature à la présidentielle de 2022. Mais le dernier sondage Harris Interactive (réalisé en ligne les 19 et 20 janvier auprès d'un échantillon représentatif de 1403 personnes, dont 976 inscrites sur les listes électorales, selon la méthode des quotas) n'est pas de nature à lui donner des ailes. La socialiste recueille entre 6 et 7 % des intentions de vote, une claque similaire à celle de Benoît Hamon en 2017. Elle est distancée par Jean-Luc Mélenchon (10 %-11 %) mais aussi par l'écologiste Yannick Jadot (7 à 8 %).

« On est à 15 mois de la présidentielle, et en pleine crise sanitaire, les Français n'ont pas du tout l'esprit à 2022 », temporise Patrick Bloche, adjoint à l'Enfance de la maire. « Et surtout, rappelle-t-il, Anne Hidalgo n'a pas fait acte de candidature, donc tout ça est théorique. »

« Cela indique juste que les Français ne sont pas prêts à juger un responsable uniquement sur sa personnalité et sa notoriété, ils veulent en savoir davantage sur la ligne, le projet », raisonne le premier secrétaire du PS Olivier Faure qui a plusieurs fois répété qu'Anne Hidalgo « ferait une excellente présidente ». Sur cette question, la maire de Paris lance dans quelques jours sa plate-forme « Idées en commun » pour engranger des contributions et d'éventuels soutiens. Une démarche qui lui a réussi aux dernières municipales mais qui cette fois devra séduire au-delà du périph. Et c'est tout le défi.

Des déplacements à l'agenda

« Il faut absolument qu'Anne Hidalgo se fasse connaître ailleurs qu'à Paris, mais ce sera difficile. On ne se bâtit pas une notoriété nationale en un an et demi », craint un ténor socialiste. La maire a déjà en tête des déplacements. Le 11 février, elle sera à Rouen (Seine-Maritime) pour évoquer l'avenir de l'Axe Seine, aux côtés d'un certain Edouard Philippe. En mars, elle sera à Bordeaux (Gironde) pour une réunion de l'Association internationale des maires francophones qu'elle préside. Nancy (Meurthe-et-Moselle), Montpellier (Hérault) sont également dans ses tablettes. A chaque fois, selon ce qu'autorisent les mesures sanitaires, Anne Hidalgo aimerait rencontrer des sympathisants et les contributeurs locaux d'Idées en commun.

Les prochaines régionales seront aussi un indicateur pour la maire qui soutient la candidature de son adjointe Audrey Pulvar en Ile-de-France. Un pari à double tranchant. Un bon score la renforcerait mais… « si Audrey Pulvar perd cela signera aussi la fin de tout espoir présidentiel pour Anne Hidalgo », tranche un responsable socialiste.

La maire de Paris se laisse jusqu'en septembre pour voir si un rassemblement au-delà du PS est possible. « Il faut une démarche collective, le responsable politique a intérêt à être combatif, déterminé, mais ça ne veut pas dire qu'il doit être tout seul », confie-t-elle en privé, balayant l'idée d'une femme ou d'un homme providentiel. Dans son bureau où trônent maillots du PSG et ballon de rugby, Anne Hidalgo compare le mental nécessaire à « celui des sportifs de haut niveau ». Vu le premier sondage et les étapes à venir, elle est plutôt engagée dans une course de haies.