Plan de relance le 3 septembre, masque au cinéma… ce qu’il faut retenir des annonces de Castex

Alors que la rentrée est marquée par la crise sanitaire et économique causée par le Covid-19, le Premier ministre était l’invité de France Inter ce mercredi matin.

Rentrée médiatique ce mercredi matin pour Jean Castex. Évolution de l'épidémie de Covid-19, organisation de la reprise de l'école, débat sur les masques, plan de relance… Sur France Inter, le Premier ministre a tenté de convaincre que son gouvernement était prêt sur ces dossiers sensibles. Il s'est ensuite rendu à l'Elysée pour le conseil des ministres de la rentrée, avant de prononcer, cet après-midi, un discours devant le Medef.

Le plan de relance « le 3 septembre »

La polémique après le report de l'annonce du plan de relance agace Jean Castex. Les mesures devaient être annoncées cette semaine, mais elles ont été repoussées à la semaine prochaine. « D'une semaine seulement, explique Jean Castex sur France Inter. J'en profite pour vous dire qu'il sera annoncé le jeudi 3 septembre, il (le plan, NDLR) est absolument bouclé ».

Appel « à l'esprit de responsabilité »

Des signaux montrent une reprise de l'épidémie en France, le chef du gouvernement appelle à la vigilance sur le port du masque et le respect des gestes barrière. « Je n'ai jamais cru que l'État pouvait tout faire, il a sa part de responsabilité […] mais il faut que tout le monde se sente concerné par la lutte contre l'épidémie », a déclaré le chef du gouvernement, tout en concédant que le port du masque pouvait parfois être « pénible ».

La gratuité des masques, c'est toujours non

Alors que plusieurs responsables politiques demandent que les masques, désormais obligatoires dans de nombreux lieux et notamment pour les collégiens et lycéens dès la semaine prochaine, soient gratuits, le Premier ministre reste ferme sur la décision du gouvernement. « On sait bien que la France est un îlot de prospérité et de bonheur, mais aucun pays au monde n'a généralisé le masque gratuit », justifie d'abord le Premier ministre. Il rappelle que le gouvernement a déjà mis en place le remboursement par la Sécurité sociale des masques prescrits aux personnes vulnérables ainsi qu'une distribution « par la Poste » pour les familles modestes. « On vient de distribuer 50 millions de masques à 3 millions de familles représentant 9 millions de personnes » dans le cadre de ce dispositif.

VIDÉO. Castex : «Vivre avec le virus, c'est aussi se cultiver avec le virus»

Rappelant que le port du masque dans les transports en commun à partir de 11 ans depuis le mois de mai n'avait pas donné lieu à cette polémique, il insiste : l'Etat ne peut pas « payer des masques à des familles qui n'en ont pas besoin ».

2 milliards pour la culture

« Il faut aller au théâtre, au cinéma, il faut soutenir le secteur culturel », plaide-t-il. Mais, sachant que cet élan ne suffira pas à renflouer les caisses des cinémas et des théâtres, Jean Castex annonce qu'il va recevoir vendredi, avec la ministre Roselyne Bachelot, les professionnels de la culture, secteur très touché par les conséquences de la pandémie. Matignon et le ministère de la Culture se concertent pour voir comment - et à hauteur de combien - compenser le manque à gagner jusqu'au « point d'équilibre ». « Dans le plan de relance, la culture bénéficiera de 2 Mds€ », annonce-t-il. « C'est un choix politique, inédit […]. Ça veut dire que nous pensons d'abord que la culture est une activité économique, il faut le dire haut et fort. Et s'il y a une spécificité française, vivre avec le virus c'est aussi se cultiver avec le virus ».

Et le masque obligatoire au cinéma et au théâtre

Le chef du gouvernement a indiqué que, très bientôt, le port du masque serait « obligatoire » à l'intérieur des salles de cinéma et dans les théâtres. Jusqu'à maintenant, il n'était obligatoire que dans les espaces de circulation, mais pouvait être enlevé une fois assis dans son fauteuil.

5 000 spectateurs : il n'y aura plus de dérogation en zone rouge

« Il ne sera plus possible à l'autorité préfectorale de déroger » à la jauge maximale de 5 000 personnes « dans les départements rouges, c'est-à-dire où il y a une forte circulation virale », annonce Jean Castex. Il y a quelques jours, le cas du Puy du Fou qui a pu accueillir jusqu'à 9 000 personnes avait fait polémique. Le chef du gouvernement évoque aussi le fait qu'on pourrait encore abaisser cette jauge, et même « interdire » des spectateurs dans les stades ou lieux de spectacle.

Un rapport sur les violences et leur gestion

Interrogé sur les violences qui ont émaillé la finale de football de dimanche soir entre le PSG et le Bayern, autant que sur les agressions subies par des élus, Jean Castex a choisi de longuement s'exprimer sur l'insécurité. « On a eu honnêtement des mois de juillet-août pas satisfaisants, qui ne me plaisent pas du tout », a-t-il reconnu. Ces « actes » sont « inacceptables » et il les a condamnés « très fermement ». Mais « il est inexact de dire […] qu'il ne se passe rien derrière […]. Il y a des poursuites qui sont engagées et des sanctions qui sont prononcées », a-t-il assuré.

Dans un volet préventif, notamment lors des rencontres sportives, Jean Castex veut « que notre dispositif se déploie mieux et davantage pour limiter les exactions ». C'est pourquoi un plan d'action sera présenté dans les semaines à venir.

Renforcer la Justice

Il y a des « suites » mais elles sont insuffisantes. « La police peut très bien faire son travail si les suites pénales… il faut que ça suive… c'est mon expérience de maire… j'ai été confronté à ces… Le service public de la justice dans ce pays fonctionne insuffisamment bien parce que l'Etat, qu'aujourd'hui je représente, n'a pas fait son travail à son égard » depuis des années. Rappelant qu'il avait demandé la création de 250 postes au ministère de la Justice dès son arrivée à Matignon, Jean Castex a annoncé que la loi de finances 2021 en budgéterait 550 de plus. « Sous le quinquennat de M. Macron, il y aura eu 2 000 emplois de greffiers et de magistrats en plus, et ça ne va pas suffire », a-t-il résumé.

Quant aux incivilités, « qui ne sont pratiquement jamais sanctionnées parce que la justice est embouteillée », le Premier ministre a semblé réfléchir à un dispositif judiciaire de proximité, qui donnera sans doute matière à explication plus tard.

Castex reconnaît le maigre bilan de StopCovid

L'application française de traçage de contacts « n'a pas obtenu les résultats qu'on en espérait », a admis le chef du gouvernement, interrogé par un auditeur de France Inter qui pointait du doigt le manque de communication autour de cette innovation numérique qui devait permettre à ses utilisateurs d'être prévenus s'ils avaient croisé un autre utilisateur atteint du covid. « Nous savions que tester grandeur nature pour la première fois de tels outils dans le cas de cette épidémie serait particulièrement difficile » et « nous ne sommes pas le seul pays à faire ce même constat », a-t-il ajouté.

Selon un récent décompte de la Direction général de la santé (DGS), StopCovid a été téléchargé 2,3 millions de fois et quelque 1 500 personnes ont signalé un diagnostic positif.