Plan de relance : Jean Castex cajole les régions

Si la gestion de la crise du Covid-19 a tendu les relations entre l’Etat et certains élus locaux, les présidents de région ont signé lundi à Matignon un accord pour «copiloter» les mesures de soutien économique dans les territoires.

 Le président de Régions de France Renaud Muselier et le Premier ministre Jean Castex, lundi, à Matignon lors de la signature de l’accord de partenariat.
Le président de Régions de France Renaud Muselier et le Premier ministre Jean Castex, lundi, à Matignon lors de la signature de l’accord de partenariat. AFP/Alain Jocard

« Un accord historique ». Jean Castex n'y va pas par quatre chemins au moment de signer ce que son entourage qualifie même de « réconciliation avec les régions ». Lundi 28 septembre dans l'après-midi, pas moins de douze présidents de région se sont retrouvés autour de la table à Matignon pour signer cet accord de partenariat dont l'enveloppe d'investissement a été réévaluée de 10 milliards d'euros, soit un total de 40 milliards d'euros pour la relance de l'économie au cours des deux prochaines années dans les territoires.

Chacun a bien conscience qu'il revient de loin. En juin, une indiscrétion après un déjeuner entre Renaud Muselier, président de Régions de France, et Emmanuel Macron avait créé le trouble. Elle faisait état de pressions du chef de l'Etat pour reporter les élections régionales − prévues en mars 2021 − après la présidentielle de 2022, en échange de contreparties financières. L'affaire avait provoqué un véritable tollé. Quelques jours plus tard, Edouard Philippe gelait pour sa part les discussions autour des mesures de compensations liées à l'effort réalisé par les régions dans la crise sanitaire liée à l'épidémie de Covid-19.

«Philippe était méchant. Du coup, Castex paraît gentil»

« Le ton a changé après la fin de non-recevoir d'Edouard Philippe en juin. Cette fois-ci Jean Castex nous a écoutés, nous entrons dans une étape beaucoup plus positive », salue Carole Delga, présidente PS de la région Occitanie, après cet accord. « Edouard Philippe était méchant. Alors, du coup, Castex paraît gentil », rebondit un proche du président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand. A Matignon, on savoure cette petite victoire politique. « Il y a un avant et un après Castex en la matière », y va même un conseiller du Premier ministre. « C'est gagnant pour tout le monde. Pour Castex, qui se montre proche des régions, et pour les régions, qui bénéficient d'un peu d'oxygène financièrement », analyse l'entourage du président LR d'Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez.

Un œcuménisme qui n'empêche pas la vigilance : « Il y a de l'écoute mais, après, la mise en œuvre n'est pas acquise. Un pilotage président de région-préfet de région suppose que les préfets aient vraiment la main sur les crédits et j'ai le sentiment que la technocratie de Bercy veut la garder », redoute Hervé Morin, président de la Normandie. « On sera très vigilants pour que ces annonces soient suivies d'effets. On attend vraiment un vrai engagement des crédits annoncés », embraye Carole Delga.