«On a éliminé toute posture idéologique» : à droite aussi, on mise sur l’eau

Certains élus de droite gèrent la question de l’eau en régie publique, après des années de délégation au privé.

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 A droite, plusieurs élus se sont laissés tenter depuis plusieurs années déjà par la gestion municipale de l’eau.
A droite, plusieurs élus se sont laissés tenter depuis plusieurs années déjà par la gestion municipale de l’eau. AFP/Bertrand Guay

Comme des poissons dans la régie publique ! Enfin presque. Si la droite possède historiquement un ADN politique plus lié à la privatisation qu'à la nationalisation, localement, plusieurs de ses élus se sont laissés tenter depuis plusieurs années déjà par la gestion municipale de l'eau.

Le maire (LR) de Nice, Christian Estrosi, raconte avoir engagé la création d'une régie pour toute la métropole niçoise en 2014, afin de mettre fin au mille-feuille de contrats privés qui existaient au sein des 49 villes qui la composent. « Le service rendu est meilleur, avec une meilleure gouvernance. Nous ne faisons aucun bénéfice, tous les excédents sont utilisés pour faire des investissements », défend l'élu.

Privé, public? « Pas une question de culture politique », assure Estrosi. Même son de cloche à Troyes, ville dirigée par François Baroin (LR), passée en régie publique pour l'eau il y a trois ans. L'élu avait monté un groupe de travail pour évaluer les avantages et inconvénients d'abandonner son contrat avec Veolia. « On a éliminé toute posture idéologique », confie Marc Bret, son adjoint, en charge du dossier. A Nice comme à Troyes, on se satisfait d'avoir « repris la main » sur un sujet central pour les habitants, tant d'un point de vue économique, qu'environnemental ou de santé.

Eviter de «se faire enfumer par un délégataire»

« Il n'y a pas de bon ou de mauvais système. Il y a des bonnes régies et des bonnes délégations de service public (DSP) », nuance de son côté David Lisnard, maire (LR) de Cannes, qui a longtemps géré la question de l'eau dans sa ville. En DSP, il loue l'importance du « niveau de maîtrise technique » du sujet, pour éviter de « se faire enfumer par un délégataire », comme cela peut arriver, mais rappelle que les entreprises privées apportent des compétences supplémentaires, dont ne bénéficient pas toujours les collectivités.

A Chartres, le maire, Jean-Pierre Gorges, a créé une société cogérée par la métropole et une entreprise privée. « De plus en plus de collectivités font désormais ce choix de gérer le service par une société dont ils sont actionnaires », explique Gil Avérous, maire (LR) de Châteauroux et président du comité des maires de son parti. Une autre façon d'éviter, sur ces sujets sensibles, de naviguer en eaux troubles.