Montagne d’or en Guyane : recours du gouvernement contre la prolongation de la concession minière

Le gouvernement rejette la décision du tribunal administratif de prolonger les concessions minières liées au projet de la Montagne d’or en Guyane et a décidé de faire appel.

 Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, s’oppose au projet de la Montagne d’or.
Barbara Pompili, la ministre de la Transition écologique, s’oppose au projet de la Montagne d’or. AFP/Ludovic Marin

Le dossier de la Montagne d'or ne cesse de rebondir. Le gouvernement a réaffirmé, ce mercredi, son opposition à ce projet minier en Guyane en déposant un recours contre le tribunal administratif qui lui avait ordonné, en décembre, de prolonger les concessions minières, ce à quoi il s'était refusé.

« Le Gouvernement a décidé de former un recours contre la décision du tribunal administratif de Cayenne en date du 24 décembre 2020 », écrivent les ministres de la Transition écologique Barbara Pompili, des Outre-mer Sébastien Lecornu et déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher. En décembre, déjà, le gouvernement avait garanti qu'il ferait appel.

S'appuyant sur le dépassement du délai réglementaire d'instruction de deux ans, le ministre de l'Economie avait implicitement rejeté le 21 janvier 2019 le renouvellement pour 25 ans des concessions minières de la Compagnie Montagne d'or (CMO), portant alors juridiquement un coup d'arrêt au plus grand projet d'extraction d'or primaire jamais proposé en France, porté par le consortium russo-canadien Nordgold-Columbus Gold.

Un projet « pas compatible » avec l'écologie

Les concessions (d'une surface de 40 km2) sont situées dans les communes de Saint-Laurent-du-Maroni et Apatou, en pleine forêt, entre deux réserves à haute valeur de biodiversité. La compagnie y envisage dans les prochaines années l'exploitation et le traitement par cyanuration en circuit fermé d'un gisement de 85 tonnes d'or.

Lors de l'audience du 3 décembre, le rapporteur public avait pointé du doigt, dans ce contentieux, la « faiblesse » et l'absence de « pertinence » des arguments de l'État pour justifier son refus. C'est un « point difficile du dossier » qui n'est « pas à l'avantage de l'administration » avait ajouté le rapporteur public.

En mai 2019, Emmanuel Macron avait jugé le projet Montagne d'or « pas compatible » avec l'environnement, tel qu'il l'entendait. « De manière très claire aujourd'hui, l'état de l'art du projet ne le rend pas compatible avec une ambition écologique et en matière de biodiversité », avait-il expliqué. « Le projet Montagne d'Or est clairement incompatible avec nos ambitions environnementales », réaffirme, ce mercredi, Barbara Pompili.