Macron-Hidalgo, le goût de l’autre

CHRONIQUE. Le président et la maire de Paris sont tous les deux férus du street artist Obey. Tous les deux ont une de ses œuvres dans leur bureau. Un goût commun qui cache une ambition commune ?

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 Rosalie Lucas, cheffe de service adjointe au service politique du Parisien-Aujourd’hui en France.
Rosalie Lucas, cheffe de service adjointe au service politique du Parisien-Aujourd’hui en France. LP

Tout le monde ne réussit pas l'exploit de se trouver à la fois dans le bureau présidentiel à l'Elysée et dans celui de la maire de Paris. C'est le cas de l'artiste américain Shepard Fairey. Egalement connu sous le nom d'Obey, c'est lui qui avait réalisé le portrait de Barack Obama et de son célèbre « Hope » et l'affiche « Yes We Can ».

Depuis 2017, une version sur toile d'une Marianne stylisée faite par l'artiste au lendemain des attentats de 2015 trône dans le bureau d'Emmanuel Macron. Les Français avaient notamment découvert l'œuvre lors d'une interview présidentielle et lors des vœux du 31 décembre 2017. Et désormais, depuis quelques mois, une autre œuvre du street artist orne le bureau d'Anne Hidalgo à l'Hôtel de ville.

Si la maire a fait ce choix, c'est évidemment par goût du travail d'Obey. Mais on ne peut s'empêcher d'y voir un clin d'œil amusé à l'Elysée – à l'heure où les proches de la maire de Paris s'organisent pour pousser sa candidature en 2022. L'entourage d'Anne Hidalgo prépare les réseaux et la remontée de réflexions, avec la plate-forme Idées en commun. La principale intéressée veut être sûre qu'un espace existe pour elle. « Elle hésitera mais n'ira sûrement pas, veut croire un proche d'Emmanuel Macron au sujet d'une candidature, car elle a beaucoup à perdre dans la bataille ». Anne Hidalgo ne dira rien de ses intentions avant septembre. Comme si, dans son bureau, l'œuvre d'Obey reflétait son état d'esprit : on y voit notamment un livre ouvert portant la mention « The Future Is Unwritten »… le futur n'est pas écrit.