«Islamo-gauchisme» : Vidal soutenue par Blanquer, une pétition réclame sa démission

Le ministre de l’Education nationale, sur la même ligne que sa collègue de l’Enseignement supérieur, estime que la notion d’islamo-gauchisme » décrit une réalité politique.

Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, dans son bureau, en octobre 2020.
Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, dans son bureau, en octobre 2020. LP/Guillaume Georges (Crédit Personnalisé)

Jean-Michel Blanquer vole au secours de Frédérique Vidal. Selon le ministre de l’éducation nationale, l’« islamo-gauchisme » est un « fait social indubitable » qu’il faut « regarder en face », ainsi qu’il l’a déclaré samedi, après que sa collègue ministre de l’Enseignement supérieur a été très critiquée pour avoir demandé au CNRS une enquête sur le sujet au sein de l’université. 600 universitaires réclament sa démission.

« Ce serait absurde de ne pas vouloir étudier un fait social. Si c’est une illusion, il faut étudier l’illusion et regarder si cela en est une. Pour ma part, je le vois comme un fait social indubitable », a affirmé Jean-Michel Blanquer ce samedi sur BFMTV, estimant que « certains essayent toujours de minimiser ce projet politique ».

« C’est un phénomène qu’il faut regarder en face », a souligné le ministre de l’Education, citant les exemples d’ateliers « non mixtes » organisés par le syndicat Sud Education 93 en 2017 et l’interruption d’une représentation du poète antique Eschyle, interrompue « par des activistes » en 2019 à la Sorbonne.

« Mélenchon tombe dans l’islamo-gauchisme sans aucun doute »

Ces propos interviennent alors que le CNRS a affirmé cette semaine que le terme d’« islamo-gauchisme » ne correspond « à aucune réalité scientifique », alors que la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche Frédérique Vidal avait demandé « un bilan de l’ensemble des recherches » qui se déroulent en France, afin de distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme.

600 universitaires appellent ce samedi à la démission de leur ministre de tutelle, dans une tribune publiée sur Le Monde. « Comme dans la Hongrie d’Orban, le Brésil de Bolsonaro ou la Pologne de Duda, les études postcoloniales et décoloniales, les travaux portant sur les discriminations raciales, les études de genre et l’intersectionnalité sont précisément ciblés », considèrent les signataires de la tribune (enseignants, chercheurs…), estimant « une telle ministre indigne de nous représenter et nous demandons, avec force, sa démission ».

« C’est un mot qui n’a pas forcément un contenu scientifique » mais « décrit une réalité politique », a jugé de son côté Jean-Michel Blanquer, ajoutant que c’était « un terme très global ». « Je veux bien après que des spécialistes de sciences politiques analysent ça ou trouvent d’autres mots pour décrire le phénomène », a-t-il insisté.

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Selon le ministre de l’Education, les « extrémistes » islamistes « trouvent parfois des complices dans certains milieux d’extrême gauche ». « Quand vous avez Jean-Luc Mélenchon qui participe à une manifestation du CCIF, Collectif contre l’islamophobie en France, (en novembre 2019 à Paris, NDLR), où il y avait des islamistes radicaux, monsieur Mélenchon tombe dans l’islamo-gauchisme sans aucun doute », a-t-il estimé.