Les amendements de Bergé contre le port du voile pour les fillettes jugés irrecevables

Les amendements qu’Aurore Bergé et Jean-Baptiste Moreau voulaient faire faire examiner dans le cadre du projet de loi séparatisme ont été tués dans l’œuf.

 L’un des amendements déposé par Aurore Bergé visait à «interdire le port de tout signe religieux ostensible par les mineurs dans l’espace public».
L’un des amendements déposé par Aurore Bergé visait à «interdire le port de tout signe religieux ostensible par les mineurs dans l’espace public». AFP/Christophe Archambault

L'amendement visant l'interdiction du voile pour les petites filles promettait des échanges houleux, y compris au sein de la majorité - « c'est de la surenchère politicienne », grondait notamment le vice-président LREM de l'Assemblée, Hugues Renson. Il ne sera finalement pas discuté au cours de l'examen du projet de loi séparatisme, qui démarre ce lundi en commission à l'Assemblée nationale.

Porté par les députés LREM Aurore Bergé et Jean-Baptiste Moreau, il a été jugé « irrecevable » par la commission spéciale de l'Assemblée. « Nous savions qu'il y avait un risque que nos amendements ne puissent être examinés », ont réagi les auteurs dans un communiqué, ajoutant : « Ce débat a existé dans l'opinion publique et nous sommes fiers de l'avoir porté. »

L'exécutif était fermement opposé à cet amendement et l'avait fait savoir. Pas question, pour lui, de voir les débats sur ce texte sensible, et conçu comme un marqueur du quinquennat, « pollué ». « Ce texte, il ne faut pas que ce soit un pot-pourri à la fin. Il a une cohérence. Il faut qu'il soit enrichi par les parlementaires, mais cela ne doit pas servir les équilibres politiques », défend un conseiller ministériel.

« S'il y a un sujet qui peut hystériser les débats, et qui n'a rien à voir avec le texte, c'est le voile », appuie le président du groupe LREM à l'Assemblée, Christophe Castaner, qui a encouragé, lors d'une réunion à Matignon mercredi soir, une application stricte de l'article 45, selon lequel tout amendement doit avoir un lien direct ou indirect avec le texte. « Après le raté sur la sécurité globale, tout le monde souhaite que ce texte soit un succès », complète son rapporteur, Sacha Houlié.

Rugy ne veut pas avoir à élever le ton

La commission spéciale présidée par François de Rugy, qui a passé quelque 1750 amendements au tamis entre jeudi et samedi soir, en a finalement retoqué 250. « Je souhaite que l'on puisse avoir un vrai débat sur les sujets qui sont dans le texte, qui sont déjà nombreux. Sinon, cela part dans tous les sens », assume de Rugy, qui y voit « un travail de clarification ».

Au risque de faire grincer des dents, y compris en interne… Dès hier soir, le député LR Guillaume Larrivé dénonçait avec force une « application très restrictive de l'article 45 » posant, selon lui, « un problème démocratique majeur ».