Le «steerco» qui phosphore pour le président

CHRONIQUE. C’est une instance peu connue de LREM : le «steerco». De d’anglais «steering committee» qui signifie comité de pilotage. C’est là qu’on parle politique et qu’on commence à réfléchir à 2022.

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 David Doukhan, rédacteur en chef du service politique du Parisien - Aujourd’hui en France.
David Doukhan, rédacteur en chef du service politique du Parisien - Aujourd’hui en France.  LP/Olivier Arandel et Arnaud Journois

Parlez-vous couramment la novlangue d'En Marche ? Nous avons, ces dernières années, appris le mot « burex », découvrons aujourd'hui le « steerco ». Rappel : le « burex » c'est le Bureau exécutif du parti présidentiel, instance très officielle de direction. Le « steerco » c'est autre chose, moins institutionnel, plus opérationnel. Cela vient de l'anglais « steering committee » ce qui signifie en français, comité de pilotage. Les membres du « steerco » sont au nombre de 7.

D'ailleurs, ils s'auto-surnomment le « G7 ». Stanislas Guérini, patron du parti, Marie Guévenoux son adjointe, Clément Beaune, secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Jean-Marc Borello, l'un des premiers Marcheurs, Stéphane Séjourné, député européen et conseiller du président, Sibeth N'Diaye, et le député Roland Lescure, se retrouvent (en visio) le vendredi à 17 heures, et ils parlent… politique. Les régionales bien sûr mais surtout ils commencent à penser à 2022

Et c'est là que le « G7 » a identifié un gros problème. Ils craignent que la prochaine présidentielle soit placée sous le signe de la post-vérité. Ayant conscience qu'ils seront comptables d'un bilan, ils ont peur que leurs adversaires ne se contentent pas de critiquer l'action d'Emmanuel Macron, mais présentent carrément une situation du pays qui ne serait, notamment sur le plan économique, pas conforme à la réalité.

Stéphane Séjourné, par exemple, propose que l'on demande un audit de la Cour des comptes à l'automne prochain sur les finances publiques. Dans l'espoir d'obtenir un document faisant consensus sur l'état du pays. Une sorte de paravent anti-fakenews pour garantir une compétition à la loyale. D'habitude, c'est après l'élection qu'on fait les comptes, là, cela aura peut-être lieu… avant.