Le plan de relance coupable de «non-assistance à Français en danger», pour Montebourg

L’ancien ministre du redressement productif, remis en selle par l’écho qu’a pris, dans le confinement, son mantra du « made in France » estime que le gouvernement ne fait rien pour le logement et l’alimentation des Français.

 Arnaud Montebourg le 17 juin dernier au siège de la rédaction du Parisien.
Arnaud Montebourg le 17 juin dernier au siège de la rédaction du Parisien. LP/Philippe Lavieille

Le coronavirus réussit Arnaud Montebourg. L'ancien ministre socialiste du Redressement productif, qui a fait un retour sur la scène médiatique à l'occasion de la propagation du virus, et des écueils productifs que le confinement a mis en lumière, incrimine le plan de relance du gouvernement, à ses yeux « responsable de non-assistance à Français en danger » en raison de « l'absence de sujets humains », comme le logement, l'alimentation et « la reconversion de ceux qui vont perdre leur emploi ».

En couverture de l'hebdomadaire Marianne, Arnaud Montebourg, qui avait pris du champ avec la vie politique après son échec à la primaire socialiste de 2017, défend son idée du plan de relance. « Aujourd'hui, en France, 10 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté, les files des soupes populaires s'allongent », constate-t-il alors que, selon lui, « seulement 0,8 sur 100 milliards annoncés » va être dédié à ce problème. C'est donc, pour lui, un délit de « non-assistance à Français en danger ».

Très fan de Mélenchon

Pour protéger les plus fragiles, le faiseur de miel et de glaces propose « une garantie de revenu maintenu en contrepartie d'une formation et d'un emploi futur pour celles et ceux qui vont devoir se reconvertir », « racheter certains hôtels en difficulté pour les convertir en logement » ou encore « instaurer des tickets alimentaires ciblant l'agriculture biologique pour la soutenir ».

Il estime essentiel de réserver l'aide aux entreprises qui relocalisent concrètement leur production ou leurs bureaux sur le territoire français. Quant aux 120 Mds€ de prêts garantis par l'Etat aux entreprises, ils vont créer « des entreprises zombies » qui ne seront pas en mesure de les rembourser. En outre, « un quart » des baisses d'impôts de production « vont profiter à 280 entreprises, en contrepartie de quoi aucun effort ne leur sera demandé », reproche-t-il encore, citant Amazon ou Total.

Quant à la politique, c'est à Jean-Luc Mélenchon qu'il tresse des louanges. La France insoumise « « a tiré les leçons du précédent quinquennat », défend-il. Alors que François Hollande a glissé mercredi qu'il avait un rôle à jouer dans le « projet » de la future présidentielle, Arnaud Montebourg estime, lui, « qu'il faut solder le quinquennat Hollande ». Ajoutant : « Lionel Jospin y aide beaucoup et on peut l'en remercier ».

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