Le Drian : un Brexit sans accord «très crédible» et «vraisemblable» à ce jour

Jusqu’à présent, les Européens s’étaient toujours fixé l’échéance de fin octobre pour trouver un compromis, mais cette date pourrait encore s’éloigner.

 « On a fini de jouer, on arrive à l’échéance », a commenté le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian ce mardi, à propos de l’accord sur le Brexit.
« On a fini de jouer, on arrive à l’échéance », a commenté le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian ce mardi, à propos de l’accord sur le Brexit.  REUTERS/Jean-Christophe Verhaegen

Le ministre français des Affaires étrangères l'a clamé ce mardi : « Nous sommes préparés à toutes les éventualités ». Jean-Yves Le Drian a estimé devant la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale qu'une absence d'accord entre l'Union européenne et le Royaume-Uni sur leurs relations futures était désormais une perspective envisageable.

« Tel que c'est maintenant, l'hypothèse d'un no-deal est l'hypothèse très crédible, malheureusement vraisemblable aujourd'hui », a-t-il déclaré. « Mais on sait l'habileté britannique à faire de la tactique », a-t-il nuancé. « Même si les Britanniques sont de redoutables tacticiens, aujourd'hui, l'heure n'est plus à la tactique. On a fini de jouer, on arrive à l'échéance », a-t-il poursuivi.

Une date encore floue

« Cela veut dire qu'entre le 15 octobre et la mi-novembre, tout doit se jouer », a aussi souligné le ministre, évoquant pour la première fois l'échéance du 15 novembre. Le chef de la diplomatie française a réfuté que le prochain sommet européen, jeudi et vendredi, constitue une date butoir pour aboutir à un accord, comme l'a suggéré le Premier ministre britannique.

« La date du 15 octobre, c'est le Premier ministre Boris Johnson qui l'annonce, c'est pas la position du Conseil européen qui se réunit jeudi et vendredi. C'est pas obligatoirement là que ça se noue », a affirmé Jean-Yves Le Drian.

Le négociateur européen sur le Brexit, Michel Barnier, a laissé pour sa part entendre ce mardi que la conclusion d'un accord commercial avec le Royaume-Uni pourrait encore prendre des « semaines ». Jusqu'alors, les Européens s'étaient toujours fixé fin octobre pour trouver un compromis.

Une réunion mercredi entre Johnson et Von der Leyen

Les négociations butent sur les règles de concurrence, la pêche et les conditions de gouvernance. « La pêche ne doit pas être la variable d'ajustement de l'accord », a notamment martelé Michel Barnier, ajoutant que « l'accès privilégié au Marché unique que souhaite le Royaume-Uni est indissociable des garanties pour nos pêcheurs ».

Ce sujet est particulièrement sensible pour une poignée d'Etats membres de l'UE comme la France, les Pays-Bas, la Belgique, l'Irlande et le Danemark. Les Européens espéraient initialement maintenir en l'état l'accès de leurs pêcheurs aux eaux britanniques, très poissonneuses, après la période de transition post-Brexit, qui se termine le 31 décembre. Mais le Royaume-Uni veut limiter cet accès et propose que les droits de pêche dans ses eaux soient renégociés chaque année.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doit s'entretenir mercredi avec Boris Johnson, au moment où les deux parties s'accusent mutuellement de bloquer les négociations commerciales post-Brexit.