Le bunker et la crise de munitions

CHRONIQUE. La ministre déléguée à l’Industrie est parfois convoquée pour assister en visio au conseil de défense. Pour cela, elle doit descendre dans les sous-sols de Bercy et se connecter depuis… un bunker.

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 Rosalie Lucas, cheffe de service adjointe au service politique du Parisien-Aujourd’hui en France.
Rosalie Lucas, cheffe de service adjointe au service politique du Parisien-Aujourd’hui en France. LP

« C'est impressionnant, il y a une porte coffre-fort comme dans les sous-marins ». Lorsque Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'Industrie, est convoquée pour un conseil de défense, elle le fait depuis une pièce très particulière… Tous les ministres ne pouvant être à l'Elysée, pour des questions sanitaires, certains sont présents en visio. Juste avant l'heure de la convocation, la ministre descend donc dans les sous-sols de Bercy. Au bout du couloir, une porte blindée et derrière… un bunker.

Sur place, il y a tout, de quoi manger, des réserves d'eau, de quoi dormir. Il y a même des « sacs à cadavres », comme le traduit la ministre pour décrire le sac mortuaire avec de la chaux. Pourquoi être dans ce lieu construit pour servir en cas d'attaque ou de situation de guerre ? Ce bunker est juste le seul lieu de Bercy où la connexion avec l'Elysée et Matignon est sûre. « Pour les informations échangées en conseil de défense, il faut un niveau de sécurité particulièrement élevé », confirme un conseiller.

Tous les ministères n'en sont pas équipés. Convoquée à une de ces réunions, Roxana Maracineanu (Sports), est ainsi venue « s'abriter » à Bercy. « Nous sommes en guerre », avait déclaré Emmanuel Macron en mars dernier. « Nous avons une nouvelle arme, c'est le vaccin », avait-il aussi expliqué en décembre. Depuis le bunker, la ministre à l'Industrie doit répondre de la crise de munitions. Car les mauvaises nouvelles sur le front de la production des vaccins perturbent le plan de bataille.