L’impôt Bayrou

CHRONIQUE. La République en marche et le MoDem. Emmanuel Macron et François Bayrou. Quelle étrange relation politique. Une alliance qui dure malgré les poussées de fièvre.

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 David Doukhan, rédacteur en chef du service politique du Parisien-Aujourd’hui en France.
David Doukhan, rédacteur en chef du service politique du Parisien-Aujourd’hui en France. LP/Olivier Arandel et Arnaud Journois

C'est une décoration digne de la salle de crise de la Maison Blanche. Avec plusieurs horloges au mur pour indiquer les différents fuseaux horaires. A ceci près qu'au lieu d'avoir l'heure de Tokyo, Los Angeles ou New York, on a Chambéry, Marchenoir et Pau. C'est parce que nous ne sommes pas au sommet de l'Etat américain mais dans le bureau du président du groupe MoDem à l'Assemblée nationale, Patrick Mignola.

Chambéry, c'est sa ville. Marchenoir, celle du ministre MoDem des relations avec le parlement, Marc Fesneau, et bien sûr Pau… Le fief du patron, François Bayrou. Mignola explique : « J'ai mis ça pour bien montrer qu'il n'y a pas de divisions chez nous et ça rappelle ce qu'on apporte au chef de l'Etat, c'est-à-dire qu'on a les pieds dans la glaise ».

Mais que personne n'en doute : le maître des horloges au MoDem s'appelle Bayrou. Lui qui a noué une étrange relation politique avec Emmanuel Macron. Il y eut le coup de pouce indéniable en février 2017, l'alliance qui a remis la campagne de Macron en selle. Mais depuis? Coup de pression avant les législatives de 2017 pour obtenir davantage de postes, l'affaire des attachés parlementaires européens avec démissions fracassantes dans la foulée, et aujourd'hui ce bras de fer engagé sur la proportionnelle. Bras de fer, il faut le dire, qui se déroule pour l'instant devant des Français totalement indifférents.

Un allié, parfois un peu « ancien monde » donc, mais dont Macron a toujours besoin, en particulier dans la perspective de 2022, peut-être justement parce qu'il a « les pieds dans la glaise ». C'est Jean-François Copé, ancien patron de l'UMP, et donc habitué aux accords d'appareils avec le centre, qui utilise souvent une formule : « On finit toujours par payer l'impôt Bayrou ».