L’homme qui ne voulait pas fermer l’école

CHRONIQUE. Il se battra jusqu’au bout pour qu’on ne referme pas les écoles. Jean-Michel Blanquer a la conviction qu’en matière de remède, le confinement des enfants est pire que le mal. «En coulisses», il explique pourquoi.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 David Doukhan, rédacteur en chef du service politique du Parisien-Aujourd’hui en France.
David Doukhan, rédacteur en chef du service politique du Parisien-Aujourd’hui en France. LP/Olivier Arandel et Arnaud Journois

« J'aurais très bien pu avoir en mai dernier une position inverse en disant, la sécurité avant tout, on ne rouvre pas les écoles. » Petite pause. Puis il ajoute : « J'aurais eu une vie beaucoup plus facile ». Mais le ministre de l'Education nationale ne cherche pas à avoir la vie facile. Non, Jean-Michel Blanquer s'est forgé une conviction d'airain : les écoles doivent rester ouvertes. En privé, il se remémore ce qu'il appelle « la bataille du retour en classe », lorsqu'il avait fallu organiser le retour progressif des enfants et des professeurs en juin dernier. Certains, sur les réseaux sociaux avaient alors traité Blanquer « d'assassin d'enfants ou d'apprenti sorcier »… Mais les rentrées de juin, puis septembre, ont eu lieu, les protocoles se sont affinés, et bon an, mal an, nos écoles restent ouvertes. Ainsi, l'immense danger du décrochage de générations entières est tenu à distance.

Aujourd'hui, variants ou pas, le ministre ne bouge pas d'un millimètre. Il existe, dit-il, « une troisième voie entre le confinisme (sic) et le trumpisme ». D'une part, il continue de penser que les établissements scolaires (avec les protocoles) ne sont pas des lieux d'ultra-contamination. D'autre part, il considère qu'en matière de remède, le confinement des enfants est pire que le mal. Nous verrons si le général Blanquer gagnera sa prochaine bataille. En attendant, il jette un œil à son smartphone. On vient de lui envoyer la photo d'une pétition signée par tous les élèves d'une classe de 6e. Ils plaident pour que les vacances de février soient « rallongées d'une semaine en raison de la situation sanitaire ». Son inclination naturelle n'est pas de répondre favorablement… mais le ministre sourit.