«Je ne veux pas laisser tomber l’hôpital» : Macron interpellé par des soignants à Paris

En visite à l’hôpital Rothschild AP-HP (XIIe arrondissement de Paris), Emmanuel Macron a échangé avec des soignants, inquiets en pleine résurgence du coronavirus.

 Emmanuel Macron, le 6 octobre devant l’hôpital Rothschild AP-HP, interpellé par des soignants.
Emmanuel Macron, le 6 octobre devant l’hôpital Rothschild AP-HP, interpellé par des soignants.  REUTERS/Lewis Joly

Le coronavirus s'est logiquement invité à ce déplacement. Après sa visite dans les locaux d'une association parisienne qui soutient les « aidants », Emmanuel Macron s'est rendu à l'hôpital Rothschild AP-HP à Paris, dans le XIIe arrondissement ce mardi. A son arrivée, le chef de l'État a été interpellé par le personnel hospitalier, qui réclame davantage de moyens.

Sortis dans la rue alors qu'il visitait une association voisine soutenant les « aidants », plusieurs soignants ont attendu le président pour lui demander « plus de fric pour l'hôpital public », comme le proclamait une banderole brandie par plusieurs d'entre eux.

« Je ne veux pas laisser tomber l'hôpital! », leur a ré pondu Emmanuel Macron. « On est tous mobilisés […] Il y a eu un gros travail » avec les accords du Ségur de la santé signés en juillet entre le gouvernement et les organisations professionnelles et syndicales. Ce sont « des actes, pas que des mots » qui portent sur un déblocage de « plus de huit milliards d'euros par an, ce qui n'a jamais été fait », a-t-il précisé.

« J'entends les colères » de ceux qui « disent que ça ne va pas assez vite », a-t-il ajouté face aux demandes, parfois insistantes, lancées par les soignants présents. Il a appelé à la patience en attendant l'examen par le Parlement dans les prochaines semaines du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2021.

« 180 euros, ça ne passe pas »

« Il n'y a pas les renforts, mais il y a les patients » qui arrivent plus nombreu x avec la reprise de l'épidémie du Covid-19, a critiqué une infirmière. « L'attraction (pour les métiers de la santé) n'est pas là », a regretté un autre soignant de l'hôpital Rothschild.

L'accord du Ségur de la santé signé en juillet pour les personnels hospitaliers (hors médecins) inclut notamment une augmentation générale de 183 euros net. Le gouvernement a décidé d'avancer la première hausse de 90 euros net à octobre « au plus tard » au lieu de janvier -, la seconde de 93 euros restant fixée au 1er mars.

« 180 euros, ça ne passe pas », « ce n'est pas suffisant », a lancé un brancardier à Emmanuel Macron. Avant ces échanges, Emmanuel Macron avait rencontré des « aidants », qui aident au quotidien leur proche âgé, malade ou handicapé et dont l'exécutif veut améliorer les conditions de vie.