«Islamo-gauchisme» à l’université : la ministre Frédérique Vidal regrette... la «polémique», pas ses propos

Sous le feu des critiques après avoir demandé une enquête sur « l’islamo-gauchisme » à l’université, la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal affirme ce lundi sur RTL « regretter » la polémique autour de cette enquête et donner priorité à « la question des étudiants ».

La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal tente de faire oublier la polémique autour de "l'islamo-gauchisme" à l'université.
La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal tente de faire oublier la polémique autour de "l'islamo-gauchisme" à l'université. AFP/Ludovic Marin

Frédérique Vidal tente une nouvelle fois d’éteindre le feu des critiques sous lequel elle se trouve. La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche réaffirme « regretter », ce lundi sur RTL, que sa demande d’une enquête sur « l’islamo-gauchisme » à université se soit transformée en « polémique ». Sa priorité « est la question des étudiants », assure-t-elle, après avoir demandé au CNRS une enquête sur « l’islamo-gauchisme » à université.

Samedi, plus de 600 universitaires (enseignants, chercheurs…) ont réclamé sa démission dans une tribune publiée dans les colonnes du journal « Le Monde ». Après une semaine mouvementée, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a affiché dimanche sa volonté de clore la polémique.

LIRE AUSSI > « Islamo-gauchisme » : l’exécutif soutient Vidal tout en calmant le jeu

De son côté, Frédérique Vidal réaffirme vouloir « un état des lieux sur ce sujet. « Il n’y a pas lieu d’en faire une polémique », estime-t-elle au micro de la matinale de RTL. « Je suis universitaire, je défendrai toujours la liberté de la recherche […] et en ce moment toujours les étudiants car ce sont eux qui subissent le plus cette crise », assure-t-elle.

Pour elle, cette enquête n’a rien d’inouï et des enquêtes sont réclamées au nombre de « dizaines par an ». « Je demande […] un état des lieux de la recherche sur ces différentes radicalités dans les universités », réaffirme la ministre, qui déplore une « polémique pour 12 secondes sur 22 minutes d’interview dans lesquelles (elle) parle pendant plus de 10 minutes des étudiants et 10 minutes de la recherche ».

1 200 étudiants ont bénéficié du « chèque psy »

Semblant pressée de balayer cette polémique, la ministre insiste : « aujourd’hui, ce qui me préoccupe, c’est la question des étudiants […]. Comment on fait pour que les étudiants puissent sortir de cette crise en n’étant pas désespérés ».

Le « chèque psy » promis aux jeunes par le gouvernement a concerné la première semaine de février 1 200 étudiants, puis 2 000 étudiants par semaine, a-t-elle indiqué. Ces jeunes sont « pris en charge » dans un parcours de soins par des psychologues de ville.

Newsletter Politique
Nos analyses et indiscrétions sur le pouvoir
Toutes les newsletters

Par ailleurs, plus de 75 % des universités ont pour le moment modifié leurs emplois du temps pour permettre aux étudiants de revenir en cours en présentiel une journée par semaine. Quelque 90 % des étudiants sont concernés par ces nouveaux emplois du temps. Parmi eux, 60 % reviennent, 40 % préfèrent rester en présentiel, a dit la ministre.