«Groupes d’opposition» ou «djihadistes» : le général Lecointre répond à Sophie Pétronin

Devant la commission de Défense du Sénat, le chef d’état-major des armées a martelé qu’il considérait bien les ravisseurs de l’otage française comme des terroristes qu’il fallait combattre.

 Le général François Lecointre (à gauche), à la rencontre des soldats de la force Barkhane à Ménaka, au Mali, en mars 2019.
Le général François Lecointre (à gauche), à la rencontre des soldats de la force Barkhane à Ménaka, au Mali, en mars 2019.  AFP/Daphné Benoît

Les forces françaises déployées au Mali continuent de suivre la même ligne après la libération de plusieurs otages, dont la Française Sophie Pétronin. C'est ce qu'a martelé ce mercredi le chef d'état-major des armées, le général François Lecointre, devant la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat.

« Il y a des propos qui ont été tenus au moment de la libération de Mme Pétronin qui, me semble-t-il, risquent de fausser l'appréciation qu'on doit avoir de la situation au Mali, de l'engagement des armées françaises », a déclaré le général Lecointre.

« L'adversaire qui est le nôtre n'est pas un groupe armé comme un autre […] On ne peut absolument pas imaginer que ce groupe terroriste puisse être comparé ou désigné comme un groupe armé d'opposition au régime malien », a poursuivi le général Lecointre.

« Il s'agit bien d'une organisation terroriste internationale »

Le chef d'état-major des armées répondait ainsi aux propos tenus après sa libération par Sophie Pétronin, qui n'a pas parlé de ses gardiens comme de « djihadistes ». « Appelez-les comme vous voulez, moi je dirais que ce sont des groupes d'opposition armés au régime », avait-elle dit.

Mais pour le général Lecointre, « il s'agit bien d'une organisation terroriste internationale et, pour la partie de cette organisation qui sévit au Mali, entre autres d'une organisation terroriste et de groupes terroristes qui ont fait allégeance à Al-Qaida ». Il faisait notamment référence au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM).

« Il doit être très clair pour l'ensemble des familles qui ont perdu des leurs dans le combat que nous menons au Mali depuis des années que nous ne dévions pas de ligne, que notre combat reste le même et qu'il est tout aussi légitime qu'il l'était », a souligné le chef d'état-major.

« La France impliquée dans aucune négociation »

« En ce concerne cette libération d'otages, je confirme que la France n'a en rien été impliquée dans des négociations d'aucune sorte avec ce groupe terroriste, que nous continuerons à combattre avec la dernière détermination », a-t-il ajouté.

L'ex-otage Sophie Pétronin pose le pied sur le sol français

Sophie Pétronin, dernière otage française dans le monde, a recouvré la liberté au Mali en même temps que deux Italiens, dont un prêtre, et que l'homme politique malien Soumaïla Cissé. Ces libérations ont coïncidé avec la libération de plusieurs dizaines de prisonniers présentés comme des djihadistes par des responsables maliens.

En coulisses, des militaires français n'ont pas caché leur frustration de voir relâchés tant de djihadistes, dont des cadres, capturés par leurs soins et qui pourraient les retrouver bientôt sur le terrain. Des photos montrant l'accueil triomphal réservé à plusieurs dizaines de détenus libérés par le chef touareg malien Iyad Ag Ghaly, qui dirige le GSIM, ont fait grincer des dents à Paris.