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Grève «sanitaire» des profs : un mouvement «indécent et déplacé» selon l’exécutif

Pour réclamer plus de moyens afin de faire respecter les gestes barrière dans les classes, une intersyndicale appelait ce mardi à une journée de mobilisation. Une grève des profs qui ne passe pas au gouvernement.

 Des professeurs des collèges ont manifesté, ce mardi (ici à Paris), à l’initiative de l’intersyndicale FSU, Fnec-FP-FO, CGT, Educ'Action, Snalc, SUD et SNCL-Faen, qui a lancé cette grève «sanitaire».
Des professeurs des collèges ont manifesté, ce mardi (ici à Paris), à l’initiative de l’intersyndicale FSU, Fnec-FP-FO, CGT, Educ'Action, Snalc, SUD et SNCL-Faen, qui a lancé cette grève «sanitaire». LP/Yann Foreix

8,8 % en primaire et 10,3 % en secondaire, selon le ministère de l'Education nationale. Les chiffres de participation de la grève « sanitaire » ce mardi, lancée par une intersyndicale (FSU, Fnec-FP-FO, CGT, Educ'Action, Snalc, SUD et SNCL-Faen) pour réclamer un renforcement des moyens humains dans la lutte contre l'épidémie et protester contre l'« impréparation » des pouvoirs publics n'ont pas échappé à l'exécutif.

« Ces chiffres sont bas », souligne un membre du gouvernement, en sortant du Conseil des ministres. Lequel égratigne un mouvement « indécent, égoïste et déplacé » en plein confinement. Un autre, bien disposé à riposter, renchérit : « Cette grève, c'est de la politique, c'est l'utilisation cynique d'une crise sanitaire à des fins partisanes en vue de 2022 ».

« Cette mobilisation s'est révélée extrêmement faible, jubile un autre membre important du gouvernement. Cela marque l'efficacité de la méthode de Blanquer, faite de concertation. On voit que le climat social est relativement apaisé dans l'Education nationale. » N'en jetez plus !

C'est peu dire qu'au gouvernement on est remonté. D'autant que Jean-Michel Blanquer a récemment annoncé un protocole plus strict au lycée, avec « un maximum » de 50 % de cours à distance dans certains établissements. Sur les réseaux sociaux, des enseignants estiment que les gestes barrière ou les nouvelles consignes sont difficiles à mettre en place, notamment au lycée et au collège où il est compliqué d'éviter les brassages. Des messages et des photos prises par des professeurs fleurissent sur Twitter avec le hashtag #Balancetonprotocole.

VIDÉO. « C'est une colère globale » : des centaines de profs manifestent

« On peut comprendre une certaine frustration, car les décisions sont prises en Conseil de défense et s'appliquent ensuite trois ou quatre jours après, ce qui est court, reconnaît-on au ministère de l'Education nationale. Notre maison est peu habituée à cela, mais la France n'est pas habituée à vivre sous le Covid. »

Au gouvernement, on déplore une « double posture » de la part des syndicats, alors que des négociations salariales sont en cours. Un point d'étape du « Grenelle des professeurs » doit d'ailleurs avoir lieu la semaine prochaine. « Certains syndicats d'enseignants, et non les enseignants, se sont déjà mal comportés au printemps et continuent à le faire, égratigne un membre du gouvernement. Deux organisations, rappelons-le, avaient brièvement appelé les profs à ne pas accepter l'accueil des enfants de soignants. » Un nouveau Conseil de défense doit se tenir jeudi. De nouvelles annonces concernant l'école devraient être rendues public ce soir-là par le Premier ministre Jean Castex.