Génération identitaire : Darmanin réfléchit à une dissolution, «scandalisé» par les agissements du groupuscule

Le ministre de l’Intérieur estime que les opérations anti-migrants des militants sont un « travail de sape de la République ».

 Paris, le 9 décembre. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, quitte le conseil des ministres.
Paris, le 9 décembre. Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, quitte le conseil des ministres.  LP/Frédéric Dugit

Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, se dit ce mardi « scandalisé » par les opérations anti-migrants de Génération identitaire dans les Alpes et les Pyrénées. Il annonce avoir demandé à ses services de réunir les éléments permettant de dissoudre le groupuscule d'extrême droite.

« Si les éléments sont réunis, je n'hésiterai pas à proposer la dissolution », dit-il, « scandalisé par le travail de sape de la République des militants de Génération identitaire », qui ont mené la semaine dernière une opération anti-migrants entre Luchon (Haute-Garonne) et l'Espagne.

La semaine dernière, dans la foulée de cette opération, Le Parisien évoquait déjà le fait que la question de la dissolution de Génération identitaire était à l'étude.

Gérald Darmanin agira « évidemment dans le cadre des lois et des règlements de la République en proposant notamment, une fois que ces éléments seront réunis, le contradictoire dû à chaque association ». Il a tenu ces propos à Paris lors de la conférence de presse mensuelle sur l'activité des forces de l'ordre.

Un drone pour surveiller la frontière

C'est la première fois que Gérald Darmanin condamne publiquement les agissements du groupuscule Génération identitaire (GI) et évoque la possibilité de sa dissolution. Ces dernières semaines, son ministère a obtenu celle d'associations soupçonnées d'accointances avec l'islamisme ( CCIF, BarakaCity, collectif Cheikh Yassine ).

Plusieurs élus d'Occitanie, dont la présidente socialiste de région, Carole Delga, ont demandé la semaine dernière au ministère de l'Intérieur la dissolution de « ce groupuscule d'extrême droite violent et dangereux » après son action coup de poing dans les Pyrénées.

Mardi 19 janvier, « une trentaine de militants de GI dans des voitures sérigraphiées Défend Europe » se sont installés au Col du Portillon. Certains sont « partis en randonnée », utilisant « un drone » pour surveiller la frontière. Selon un message de Génération identitaire posté sur les réseaux sociaux, cette campagne entendait lutter contre le « risque terroriste et migratoire dans les Pyrénées ».

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En décembre, Génération identitaire et trois de ses cadres ont été relaxés par la cour d'appel de Grenoble pour des précédentes opérations anti-migrants menées en 2018 dans les Alpes, à la frontière franco-italienne.

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