Gaz à effet de serre : Macron se félicite de résultats meilleurs que prévu

Le chef de l’Etat et sa ministre de la Transition écologique se félicitent d’une réduction des émissions de 1,7 % par rapport à 2018. Des responsables de l’opposition crient au coup de com’.

 Pour Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, les efforts entrepris par la France paient.
Pour Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, les efforts entrepris par la France paient. LP/Fred Dugit

Le gouvernement veut y voir un signe positif, l'opposition l'accuse de jouer avec les chiffres. Les émissions de gaz à effet de serre en France ont reculé de 1,7 % en 2019, plus qu'initialement estimés, se félicite dimanche soir Emmanuel Macron, reprenant ainsi les résultats donnés par la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili.

« C'est le résultat d'une écologie du concret et du progrès. C'est le fruit de nos efforts à tous. Avec la loi climat, préparée avec vous, nous allons encore accélérer », a tweeté le chef de l'Etat, alors que l'Etat vient d'être jugé mercredi « responsable » de manquements dans la lutte contre le réchauffement climatique. « En 2019, la France a tenu ses engagements climatiques et c'est une excellente nouvelle », abondait de son côté la ministre au Journal du Dimanche.

« Les mesures que nous avons prises fonctionnent »

La Stratégie nationale bas carbone (SNBC) constitue la feuille de route de la France pour lutter contre le changement climatique, qui fixe une trajectoire visant à la neutralité carbone en 2050 et des « budgets carbone » (plafonds d'émissions) pour y parvenir. La première a été adoptée en 2015, la deuxième en 2020.

Le ministère a précisé, dans un communiqué, que « selon une estimation actualisée du Centre technique d'études de la pollution atmosphérique (Citepa, chargé de ce calcul), les émissions de gaz à effet de serre de la France pour l'année 2019 sont de 437 Mt/CO2 (million de tonnes équivalent CO2), soit une baisse de 1,7 % par rapport à 2018 ».

PODCAST. D'EELV à LREM puis au gouvernement, qui est vraiment Barbara Pompili ?

« Cela veut dire que les mesures que nous avons prises - le remplacement des chaudières au fioul, par exemple - fonctionnent. Il nous reste beaucoup de chemin à faire, mais nous sommes sur les rails pour respecter nos engagements. Nos efforts paient », se félicite encore la ministre.

« Grande colère » et « mensonges »

Dans une première estimation publiée en juin, le Citepa avait évalué la baisse des émissions pour 2019 à 1 % (441 Mt/CO2). Soit déjà sous l'objectif annuel fixé par la nouvelle SNBC pour 2019 (443 Mt). Le résultat final devrait donc être meilleur, selon le ministère, notamment en raison de la consolidation des chiffres sur un périmètre plus large. Les principales baisses viendraient d'une moindre utilisation du fioul de chauffage et des gaz fluorés dans l'industrie.

Newsletter Politique
Nos analyses et indiscrétions sur le pouvoir
Toutes les newsletters

Le député (ex-LREM, ex-Ecologie Démocratie Solidarité) Matthieu Orphelin a aussitôt dit sa « grande colère » devant les « mensonges » et l'« exercice de pure communication » de Barbara Pompili. « Le gouvernement baisse l'objectif 2019 (de -2,3 % à -1,5 % dans la révision SNBC) puis se félicite d'être à -1,7 % », a-t-il affirmé sur Twitter, tandis que l'eurodéputée Manon Aubry accusait la ministre de « mentir sur les objectifs climat ».

Pour la période 2019-23, la nouvelle SNBC adoptée en 2020 fixe un objectif de réduction des émissions en moyenne annuelle de 422 Mt/CO2. Objectif qui avait été relevé par rapport à celui envisagé pour cette même période dans la première SNBC, suscitant les critiques des militants et ONG environnementalistes. En 2018, les émissions avaient baissé de 4 % et la tendance devrait se poursuivre en 2020 compte tenu de la crise du Covid-19 qui a fortement affecté de nombreux secteurs émetteurs.