Gaspard Gantzer : «Je veux être le candidat de toutes les familles parisiennes»

Gaspard Gantzer, ancien conseiller de François Hollande, officialise sa candidature aux municipales et vient à son tour défier Anne Hidalgo.

Ancien responsable de la communication de François Hollande à l'Élysée, Gaspard Gantzer se jette à son tour dans la bataille de Paris.

Vous laissiez entendre jusque-là que vous pourriez être candidat à la mairie de Paris. Votre choix est fait ?

GASPARD GANTZER. Oui, je suis candidat. Lorsque nous avons lancé le mouvement Parisiennes, Parisiens, il y a un an, c'était pour préparer cette bataille. Là, nous sommes prêts. Ce soir ( NDLR : mercredi ), à l'Entrepôt (Paris XIVe), nous allons réunir nos 124 relais de quartier et 34 chefs de file pour présenter officiellement notre candidature.

Qui sont ces chefs de file ?

Ce sont des voisins, des artisans, des commerçants, des professeurs, des chefs d'entreprise qui font vivre Paris au quotidien. Il n'y a pas de stars ni de politiques chevronnés, seulement quelques élus d'arrondissement. Pour reprendre la capitale, il faut partir de la base et non des états-majors ou de l'Hôtel de Ville.

Quel est votre diagnostic sur Paris ?

Des problèmes graves se posent. Depuis cinq ans, 12 000 Parisiens quittent chaque année la capitale à cause des prix exorbitants de l'immobilier et des loyers. Parce que la ville est dégueulasse, de moins en moins sûre, que les transports publics ne fonctionnent pas et qu'en matière de pollution, c'est un échec.

Quelle alternative à la circulation proposez-vous ?

On est la seule grande ville au monde à avoir un périphérique de quatre voies à moins de 5 km du centre. Il faut le supprimer d'ici quinze ans, tronçon par tronçon, pour développer des alternatives comme le Grand Paris Express, le prolongement de certaines lignes de métro et imaginer de nouvelles formes de transports comme la création d'un Vaporetto entre les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne. Quant à l'A86, il faut en faire une véritable rocade de contournement de la capitale, d'ici dix ans.

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Mais cela représente des milliards d'euros…

Notre idée est de financer cette opération en construisant des logements et des bureaux sur cette nouvelle réserve foncière ainsi libérée et de la taille d'un grand arrondissement.

Que faire pour faire revenir les familles et les classes moyennes ?

Moi, je veux être le candidat des classes moyennes et même de toutes les familles parisiennes. Notamment en favorisant l'accession sociale à la propriété, qui a été négligée ces dernières années. Et aussi en construisant 10 000 places de crèche supplémentaires, pour lesquelles je propose la gratuité totale. Pour un couple de smicards par exemple, cela peut représenter un mois de salaire dans l'année.

Êtes-vous favorable à la création d'une police municipale ?

Oui, car la ville est en train de devenir dangereuse. Face aux trafics de drogue, aux rixes entre bandes ou au harcèlement de rue, je pense même que cette police doit être armée, notamment pour pouvoir se défendre elle-même.

VIDEO. Gaspard Gantzer : « Je suis candidat à Paris »

Beaucoup de vos adversaires tentent de récupérer l'héritage de Delanoë…

J'ai travaillé avec Bertrand ­Delanoë, et j'ai une admiration sans limite pour lui. En revanche, je ne revendiquerai jamais son soutien car Bertrand Delanoë est un homme libre.

Les sondages ne vous créditent que de 5 % des voix…

Mon petit doigt me dit que ce ne sont pas ceux qui ont les clés de l'Hôtel de Ville ou du gouvernement en ce moment qui sont les plus ­à même de fédérer. En tout cas, je ne suis pas là pour servir de jambe de bois à tel ou tel ­parti politique peuplé d'apparatchiks.