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Etat d’urgence sanitaire : Aurore Bergé dénonce le comportement «décalé et indécent» de l’opposition

La députée et présidente déléguée du groupe LREM à l’Assemblée revient sur une semaine de turbulences pour la majorité.

 Aurore Bergé nous indique également qu’un amendement sera déposé dans le projet de loi sur le séparatisme pour interdire le voile pour les fillettes.
Aurore Bergé nous indique également qu’un amendement sera déposé dans le projet de loi sur le séparatisme pour interdire le voile pour les fillettes. AFP/Christophe Archambault

La présidente déléguée du groupe LREM à l'Assemblée, Aurore Bergé, dénonce la manœuvre de l'opposition qui a cherché à réduire la durée de l'état d'urgence sanitaire. Elle déposera un amendement dans le projet de loi sur le séparatisme pour interdire le voile pour les fillettes.

Un porte-parole du gouvernement qui annonce trop vite un couvre-feu à Paris, et Matignon obligé de démentir… pourquoi la communication gouvernementale est-elle si chaotique ?

AURORE BERGÉ. Il faut gérer une tension permanente entre deux objectifs : privilégier la vie, sans mettre durablement à mal l'activité économique. Si le virus tue, la crise économique fait aussi des victimes. Tous les jours des arbitrages nouveaux doivent être pris. L'Etat édicte des règles générales puis il doit traiter une foule de cas particuliers.

La majorité a dû s'y reprendre à deux fois pour obtenir l'allongement de l'état d'urgence sanitaire jusqu'en février. Que se passe-t-il ?

Un Français meurt toutes les quatre minutes du Covid-19 alors voir, mardi soir, les députés de l'extrême gauche aux LR, s'auto-congratuler d'avoir réussi à raccourcir la durée de l'état d'urgence est profondément décalé et indécent. Je ne pense pas que ce spectacle rassure l'opinion publique.

Le président du groupe LREM Christophe Castaner n'était pas là lors du premier vote…

Christophe Castaner est présent au quotidien à l'Assemblée et il est d'ailleurs intervenu mardi dans le débat.

Ce soir-là, le ministre de la Santé Olivier Véran s'est vivement emporté. Il a lancé aux députés de l'opposition « Sortez d'ici ». Un dérapage ?

Son emportement, c'est celui d'un ministre médecin, c'est celui des soignants qui nous appellent à la responsabilité. Chaque député est légitime dans l'hémicycle, et on ne peut pas reprocher au gouvernement de mépriser la représentation nationale. Jean Castex est venu présenter le plan de reconfinement devant le Parlement, alors que rien ne l'y obligeait.

VIDÉO. Vote sur l'état d'urgence sanitaire : pagaille à l'Assemblée nationale et énorme colère de Véran

Le projet de loi sur le séparatisme doit-il être durci après l'attentat de Nice ?

57 % des jeunes Français musulmans considèrent que la charia est plus importante que la loi de la République. C'est ce qui ressort d'un sondage Ifop pour le Comité laïcité république. Cela doit tous nous appeler à agir. C'est le résultat d'une accumulation de petites lâchetés, de naïveté coupable et de clientélisme bien entretenu, à droite comme à gauche. Trop souvent, les défenseurs de la laïcité se sont sentis seuls. Une partie de la gauche a abandonné ce terrain de Creil à l'affaire Babyloup. La droite, elle, défend une laïcité à géométrie variable selon les religions visées. Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a changé la donne : le temps du « pas de vague » est révolu. Il va aussi porter la scolarisation obligatoire à trois ans, car le nombre d'enfants qui échappent à la république croît considérablement. Ils sont aujourd'hui 50 000.

Déposerez-vous vraiment un amendement visant à interdire le voile chez les fillettes ?

Nous menons ce combat avec le député Jean-Baptiste Moreau au nom de la protection de l'enfance. Et nous irons au bout de notre démarche avec de très nombreux collègues de la majorité. Nous ne parlons pas de jeunes filles, mais de fillettes de 5, 6 ou 7 ans ! À cet âge-là, personne ne choisit volontairement de porter un voile ou un hijab. Ce n'est pas l'avenir que nous voulons pour nos enfants.

La proposition de loi sur « la sécurité globale » permettra de punir d'un an de prison et de 45000 euros d'amende la diffusion d'une vidéo de policier dont le visage apparaîtrait. Contradictoire avec la liberté de la presse ?

Nous devons protéger ceux qui nous protègent. Nous ne pouvons accepter que des forces de l'ordre soient menacées, que leurs enfants soient inquiétés. Les journalistes pourront continuer à filmer les manifestations et à diffuser des images, tant que cela n'a pas ne met pas en danger intentionnellement les forces de l'ordre.