Enseignant décapité à Conflans : le monde politique en colère et sous le choc

Les élus de tous bords ont dénoncé avec des mots emprunts d’émotion et même de colère l’assassinat du professeur d’histoire ce vendredi par un terroriste islamiste.

 L’Assemblée nationale était debout ce vendredi soir pour dénoncer l’abominable attentat » qui a eu lieu à Conflans.
L’Assemblée nationale était debout ce vendredi soir pour dénoncer l’abominable attentat » qui a eu lieu à Conflans. LCP

Il était 20 heures à l'Assemblée nationale quand le président de séance, Hugues Renson, a pris la parole, la voix nouée par l'émotion. « Nous avons appris avec effroi l'abominable attentat qui s'est produit. Au nom de la représentation nationale, je tiens à saluer la mémoire de la victime », a lancé l'élu LREM de Paris. Dans l'hémicycle clairsemé, les députés se sont tous levés dans un silence qui en dit long sur la sidération de la classe politique, après la décapitation du professeur d'histoire à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

Dans l'avalanche de réactions sur les réseaux sociaux, les mots ont déferlé : « Horreur », « barbarie », « nausée »… « C'est un attentat contre la liberté d'expression et les valeurs de la République. S'attaquer à un professeur, c'est attaquer tous les citoyens français », a réagi le président (LREM) de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand. La colère de Jean-Luc Mélenchon était aussi palpable face à « l'ignoble crime » : « En fait l'assassin se prend pour le dieu dont il se réclame. Il salit sa religion. Et il nous inflige à tous l'enfer de devoir vivre avec les meurtriers de son espèce », a déploré le leader de la France insoumise.

Le PS appelle à une manifestation d'unité nationale

Au-delà de l'émotion et de l'indignation, de nombreux élus ont assuré que la République ne « céderait pas », à l'instar du ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer : « Notre unité et notre fermeté sont les seules réponses face à la monstruosité du terrorisme islamiste. Nous ferons face. »

Et le Parti socialiste d'appeler à une manifestation : « Nous sommes en contact avec les enseignants et les parents d'élèves à travers leurs organisations. C'est derrière eux que nous souhaitons que s'organise une manifestation d'unité de la Nation face aux terrorisme islamiste qui s'en est pris à l'école de la République », a tweeté le PS.

«Nous ne plierons pas»

Xavier Bertrand, le patron (ex LR) des Hauts-de-France, a employé le même ton : « Ces terroristes veulent nous faire taire, nous mettre à genoux. Qu'ils sachent que nous ne plierons pas ».

Mais à droite, les mots se font en encore plus durs dans les réactions de certains élus. Laurent Wauquiez, le président de la région Auvergne Rhône-Alpes, a dénoncé ainsi « cinq ans de soumission à l'islamisme, cinq ans de routine macabre » après les attentats de 2015, avant de conclure : « Quand notre pays va-t-il réagir? » «? Les grands discours doivent céder la place aux grandes décisions contre le terrorisme », a renchéri Christian Jacob, patron de LR.

Même François Fillon est sorti de sa réserve, dans laquelle il se mure depuis 2017, pour demander lui aussi une réponse implacable : « La barbarie au coin de la rue. Voilà où mène le totalitarisme islamique, que j'ai maintes fois dénoncé. Plus d'aveuglement, plus de recul. Il faut tous ensemble agir puissamment », a tweeté l'ancien Premier ministre. A l'extrême droite enfin, Marine Le Pen, cheffe du Rassemblement national, en a appelé à la « force » : « L'islamisme nous mène une guerre : c'est par la force que nous devons le chasser de notre pays. »