Enseignant décapité à Conflans : «Ils ne passeront pas», promet Macron

Emmanuel Macron, qui s’est rendu à Conflans ce vendredi soir, s’est dit au côté des enseignants. Dénonçant un «attentat terroriste islamiste caractérisé», il a assuré que «l’obscurantisme ne gagnera pas».

L'ambiance est lourde, très lourde, lorsque Emmanuel Macron arrive, peu après 21 heures, au collègue du Bois d'Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines). En fin d'après-midi, un enseignant a été décapité non loin de l'établissement. Le président est entouré des ministres Jean-Michel Blanquer (Education nationale) et Marlène Schiappa (Citoyenneté), bientôt rejoint par Gérald Darmanin (Intérieur) aussitôt rentré d'un déplacement au Maroc. Le procureur du parquet antiterroriste, Jean-François Ricard, est là aussi. Une visite pour signifier que « toutes celles et ceux qui tiennent la République […] feront bloc », selon les mots du président.

« Ils ne passeront pas », martèle le chef de l'Etat à plusieurs reprises, promettant que « l'obscurantisme et la violence qui l'accompagne ne gagneront pas ». Au collègue du Bois d'Aulne, en ce début de soirée, les visages sont fermés. L'émotion, palpable. Le chef de l'Etat échange avec les autorités locales, maires et préfets, le personnel du collège, proviseur et enseignants, les services de police.

« Un de nos concitoyens a été assassiné, aujourd'hui, parce qu'il enseignait, parce qu'il apprenait à des élèves la liberté d'expression, la liberté de croire ou de ne pas croire. Notre compatriote a été lâchement attaqué, victime d'un attentat terroriste islamiste caractérisé », déclare encore Emmanuel Macron, en s'exprimant à l'issue de ces échanges. Le chef de l'Etat rend hommage à la proviseur, aux professeurs, « le métier le plus beau qui soit, faire des citoyens libres ». « Je veux dire ce soir à tous les enseignants de France que nous sommes avec eux », insiste-t-il. Le président salue, aussi, « le courage exemplaire » des forces de l'ordre.

«Ce n'est pas n'importe quelle attaque»

Lors de sa visite à la cellule interministérielle de crise de la place Beauvau, où avaient également convergé le Premier ministre, Jean Castex, et le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, les voix, les visages, disaient là aussi la gravité du moment. « Ce n'est pas n'importe quelle attaque, ce ne sont pas n'importe quels symboles. Cela touche à l'école, à ceux que l'on appelait les hussards noirs, ceux qui portent les valeurs de la laïcité, ceux dont le rôle est d'éclairer les esprits. Cela touche à la liberté de la presse, avec les caricatures. C'est un acte hautement symbolique », décrypte un fidèle du président. « Il n'y a pas de hasard si ce soir, dit le chef de l'Etat, c'est un enseignant que le terroriste a abattu, parce qu'il a voulu abattre la République dans ses valeurs, les Lumières ».

Deux semaines, jour pour jour, se sont écoulées depuis le discours du chef de l'Etat sur « le séparatisme islamiste ». Aux Mureaux, à quelques kilomètres de là, Emmanuel Macron avait durci son propos. « Des mesures avaient été annoncées », rappelle son entourage, pour mieux signifier qu'« il n'y a pas de fatalité », qu'« il ne peut pas y avoir de fatalité », à voir de sanglantes attaques se répéter tristement. Tragiquement. Lançant un nouvel appel à « l'unité », Emmanuel Macron l'a lui-même assuré : « Les actes sont là et ils seront là, avec fermeté. Rapides, rajoutant « Cette bataille c'est la nôtre, et elle est existentielle.»