Macron lundi à Colombey, 50 ans après la mort du Général de Gaulle

Charles de Gaulle, décédé le 9 novembre 1970 à l’âge de 79 ans, reste une figure tutélaire pour la politique française et aussi pour l’actuel président.

 Emmanuel Macron s’est rendu à une seule reprise à Colombey depuis le début de son quinquennat, le 4 octobre 2018, pour marquer le 60e anniversaire de la création de la Ve République par de Gaulle.
Emmanuel Macron s’est rendu à une seule reprise à Colombey depuis le début de son quinquennat, le 4 octobre 2018, pour marquer le 60e anniversaire de la création de la Ve République par de Gaulle. AFP/Vincent Kessler

Le rendez-vous est incontournable : Emmanuel Macron est attendu lundi à Colombey-les-deux-Eglises (Haute-Marne) pour commémorer le 50e anniversaire de la mort du général de Gaulle, plus que jamais la figure tutélaire de la politique française.

A cause de l'épidémie du Covid-19, cet anniversaire sera célébré sobrement et en comité restreint dans le petit village de 700 habitants à 250 km à l'est de Paris. Le président se recueillera sur la tombe blanche où Charles de Gaulle repose, aux côtés de son épouse Yvonne et de sa fille Anne, dans le cimetière qui jouxte l'église.

Il sera accueilli à la Boisserie, la demeure où le général vécut les derniers 18 mois de sa vie après avoir quitté l'Elysée. Et il participera à une cérémonie militaire devant la Croix de Lorraine, immense monument en granit rose de 43,50 mètres, qui domine les bois et les vignes environnants. C'est à la Boisserie, la gentilhommière qu'il avait acquise en 1934, que Charles de Gaulle est mort le 9 novembre 1970, d'une rupture d'anévrisme, alors qu'il jouait aux cartes avant le dîner.

Macron ne s'est rendu qu'une fois à Colombey

Gardée secrète toute la nuit, la nouvelle de son décès est annoncée le lendemain matin par le président Georges Pompidou : « Françaises, Français, le général de Gaulle est mort, la France est veuve ». Trois jours plus tard, le 12 novembre, jour de deuil national, le général est enterré à Colombey, simplement et en l'absence de dirigeants politiques, comme il l'avait souhaité.

Alors que certains de ses prédécesseurs, comme Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, se recueillaient tous les 9 novembre à Colombey, Emmanuel Macron s'est rendu à une seule reprise à Colombey depuis le début de son quinquennat, le 4 octobre 2018, pour marquer le 60e anniversaire de la création de la Ve République par de Gaulle. Mais il a célébré à deux reprises ces derniers mois le souvenir de son illustre prédécesseur à l'occasion de l'année de Gaulle marquant les anniversaires de sa naissance il y a 130 ans, de l'Appel du 18 juin il y a 80 ans et de sa mort.

VIDÉO. En visite dans l'Aisne, Emmanuel Macron rend hommage à Charles de Gaulle

Le 17 mai, en pleine crise sanitaire, Emmanuel Macron s'était rendu sur les lieux de la bataille de Montcornet (Aisne), où s'était illustré de Gaulle en 1940, pour célébrer « l'esprit français de résistance » et lancer un vibrant appel à l'unité des Français face aux épreuves. « L'exemple du général doit inspirer les jeunes générations. Ne cédez pas au désarroi et au doute », avait-il ensuite lancé lors de la cérémonie du 18 juin.

Macron, c'est « l'anti-de Gaulle absolu »

Au début de son quinquennat, le jeune président - né sept ans après le décès du général - avait multiplié les clins d'œil gaulliens, en posant, sur sa photo officielle, avec un volume des Mémoires de guerre ou en ajoutant la croix de Lorraine sur le blason de l'Elysée. Ses opposants politiques lui ont reproché de récupérer cette figure désormais quasiment incontestée, même à gauche.

« Personne n'est dupe » de cette récupération, avait ainsi accusé en mai Christian Jacob, le président des Républicains, en soulignant que « beaucoup s'y sont déjà essayé… sans succès ! ». Emmanuel Macron, c'est « l'anti-de Gaulle absolu », a cinglé pour sa part Marine Le Pen.

Pour Emmanuel Macron, la semaine prochaine sera très mémorielle : après Colombey, il commémore mercredi l'Armistice du 11 novembre 1918 avant de présider la cérémonie d'entrée au Panthéon de l'écrivain Maurice Genevoix, auteur de « Ceux de 14 » sur les combattants de la Grande guerre. Une célébration organisée 100 ans après l'inhumation du Soldat Inconnu sous l'Arc de Triomphe.

« De Gaulle et Ceux de 14 incarnent ces qualités propres aux Français d'hier et d'aujourd'hui, confrontés à de rudes épreuves : à savoir, la résilience et la volonté qui permettent à la Nation française de surmonter le tragique de l'Histoire », souligne-t-on dans l'entourage du président.