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Elections américaines : le RN soutient Trump dans son bras de fer avec Biden

Plusieurs élus du parti de Marine Le Pen reprennent à leurs comptes les accusations de fraude électorale émises par le candidat républicain à la présidentielle américaine.

 Des manifestants pro-Trump à Detroit (Michigan), jeudi.
Des manifestants pro-Trump à Detroit (Michigan), jeudi. Reuters/Shannon Stapleton

« Des bulletins plus nombreux que le nombre d'électeurs inscrits sur les listes électorales en Wisconsin, 136 000 bulletins soudainement retrouvés 100 % pour Biden en Pennsylvanie : le processus électoral américain ressemble à une République bananière. » Dans un tweet publié mercredi, et que Twitter a censuré pour suspicion de manipulation électorale dans sa version anglophone, l'eurodéputé RN Jérôme Rivière reprend à son compte les accusations de fraude émises par Donald Trump.

Celui qui est également chef de la délégation des eurodéputés RN à Bruxelles a rencontré mercredi à Washington, où il se trouve avec une poignée d'autres élus, des responsables de la campagne de Trump « pour comprendre ce qu'il se passe ». Et il en est convaincu : « Il y a eu des fraudes massives dans un certain nombre de villes démocrates », assure auprès du Parisien celui qui avait aussi eu un entretien le 1er novembre avec Rudy Giuliani, l'un des principaux conseillers de Donald Trump dans le bras de fer judiciaire qui s'engage avec Joe Biden. Comme lui, Denis Franceskin, le représentant du RN aux Etats-Unis, relaie depuis jeudi sur son compte Twitter les accusations de triche électorale portées par le camp républicain.

Même si le RN, favorable à la réélection de Trump, ne devrait pas prendre de position officielle sur le contentieux électoral – « c'est un problème américain, on n'a pas à se positionner là-dessus », souffle un cadre –, le soutien au président américain dans sa volonté de contester les résultats, exprimée avant même le jour de l'élection, transparaît.

« Trump a-t-il raison ? Je n'en sais rien », avance prudemment en préambule Philippe Olivier, le conseiller spécial de Marine Le Pen. « Mais un candidat a le droit de faire des recours lorsqu'il a l'impression qu'il y a eu des irrégularités. Parce que c'est Trump, lui n'y aurait pas droit ? » poursuit le même. « On ne donne pas obligatoirement raison à Trump mais quand je vois que sont comptabilisées subitement des milliers de voix 100 % Biden (NDLR : en référence à un afflux de voix soudain dans le Michigan qui était lié à une erreur de saisie, rectifiée depuis), ça m'interpelle », ajoute-t-il, se demandant si les fraudes anti-Trump n'ont pas été réalisées « à l'échelon industriel ».

Sur son compte Twitter, le sénateur RN Stéphane Ravier, lui aussi présent à Washington, n'a pas attendu les résultats définitifs pour saluer « la victoire » de Donald Trump qu'il qualifie, aux côtés de l'ancien conseiller Steve Bannon, d'« exploit ».

Le candidat républicain lui-même a d'ailleurs revendiqué sa victoire dans la nuit de mardi à mercredi alors que les décomptes des voix n'étaient pas terminés. « Joe Biden a fait la même chose en précisant qu'il fallait attendre jusqu'au dernier bulletin… Comme s'il comptait effectivement là-dessus pour l'emporter », rétorque Philippe Olivier.

« C'était de bonne guerre », assure sur un ton léger l'eurodéputé RN Thierry Mariani, qui relativise de toute façon l'enjeu : « Si Trump perd, ce n'est de toute façon pas un raz de marée démocrate. Cela prouve qu'une politique de défense des intérêts du pays, quitte à déplaire à l'establishment, a de la résonance. »