Egalité des chances, relance... à Nantes, Macron veut changer de séquence

Lors d’un déplacement ce jeudi, le président veut mettre en avant le plan de relance et promouvoir l’égalité des chances. Il a notamment annoncé des mesures sur l’accès aux concours de la haute fonction publique.

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 Emmanuel Macron entend reprendre le fil de son quinquennat et de ses réformes, à quatorze mois de la présidentielle.
Emmanuel Macron entend reprendre le fil de son quinquennat et de ses réformes, à quatorze mois de la présidentielle. AFP/Damien Meyer

Pas de nouvelles mesures sanitaires cette semaine, un niveau épidémiologique élevé mais pour le moment maîtrisé et la perspective d'un reconfinement qui paraît aujourd'hui s'éloigner. De là à parler d'un horizon dégagé, il y a un pas qu'à Elysée personne n'ose encore franchir. Mais une chose est sûre, Emmanuel Macron entend reprendre le fil de son quinquennat et de ses réformes, à quatorze mois de la présidentielle.

C'est ce qu'il a tenté de faire ce jeudi à Nantes (Loire-Atlantique) pour un déplacement à doubles tiroirs. D'abord avec une séquence sociale à la mi-journée portée sur l'égalité des chances. Puis économique dans l'après-midi avec la visite, non prévue à l'agenda et en tenant la presse à bonne distance, de l'entreprise Applix, numéro deux mondial du scratch, et qui a bénéficié des aides du plan de relance.

Elle compte aujourd'hui 365 salariés et continue d'embaucher en misant sur l'innovation. Un exemple pour le chef de l'Etat. Et l'opportunité, pour lui, de sortir du volet gestion de crise sanitaire, même si les inquiétudes des Français sur leur avenir restent prégnantes. « Bonjour, tout se passe bien ? Le moral est bon ? », lance-t-il à la cantonade en arrivant dans l'usine. Comme pour se rassurer en affichant devant les employés son optimisme.

Même si un peu plus tôt, devant une poignée d'étudiants fonctionnaires et de lycéens, issus de milieux modestes et désireux d'intégrer la haute fonction publique, la nuance était de mise quand il a reconnu que les réponses de l'Etat pouvaient aussi être défaillantes.

« Un des problèmes de notre nation, c'est la fragmentation qui s'est parfois installée dans certains territoires. Quand on a une jeunesse qui se dit qu'en fonction de l'endroit où elle habite, de la famille à laquelle elle appartient, du nom qu'elle porte, ou de sa couleur de peau, se dit : Ceci n'est pas pour moi, alors on a un problème », a-t-il lâché devant la petite assemblée, alors que beaucoup de jeunes, par manque de moyens financiers ou par complexe d'infériorité, n'osent même pas essayer d'entrer dans ces écoles souvent épinglées pour leur manque de diversité.

1000 places supplémentaires en classe préparatoires intégrées

A l'image de l'ENA, dont seulement 1 % des élèves étaient issus de milieu ouvrier en 2019. Comme l'admet Yaël Debril, élève à l'Institut régional de l'administration (IRA), titulaire d'un Bac et qui a interrompu un temps ses études : « J'ai un peu le syndrome de l'imposteur, je me pose la question de la légitimité », avoue-t-il.

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Macron appelle alors à « lever les autocensures », et veut relancer « l'ascenseur social ». En réponse, il a annoncé la création de 1000 places supplémentaires en classe préparatoires intégrées, rebaptisées « Prépas talents », aussi le doublement de la bourse de 2000 à 4000 euros par an pour les élèves modestes, puis l'ouverture de places réservées dans les concours des grandes écoles. Et de reconnaître, en aparté : « Moi à Amiens, je ne savais même pas que l'ENA existait. Je l'ai découvert par hasard, à Paris. Je suis un enfant de la chance sur ce point. »