Discours sur le séparatisme : pourquoi Macron a choisi Les Mureaux

Même si l’Elysée ne l’a pas confirmé pour l’heure, c’est dans cette ville des Yvelines que le président annoncera vendredi son plan de lutte contre l’islam politique et le communautarisme. Une commune dans laquelle il s’est déplacé trois fois depuis 2015.

 Emmanuel Macron aux Mureaux (Yvelines) en 2017 pendant la campagne présidentielle. Le président doit y retourner vendredi pour son discours sur le séparatisme.
Emmanuel Macron aux Mureaux (Yvelines) en 2017 pendant la campagne présidentielle. Le président doit y retourner vendredi pour son discours sur le séparatisme. LP/Arnaud Journois

« Cette fois, c'est sûr. On ne reportera pas une nouvelle fois », assure un soutien d'Emmanuel Macron. Maintes fois annoncé, souvent repoussé, son grand discours, très attendu, sur les dangers du séparatisme, et particulièrement sur la lutte contre l'islam politique, aura bien lieu vendredi 2 octobre, à l'occasion d'un déplacement présidentiel aux Mureaux, dans les Yvelines. Même si ce mardi encore, l'Elysée refusait de confirmer officiellement le lieu. « On ne dit rien, on ne confirme rien… », s'agace l'entourage du chef de l'Etat.

Il y a quinze jours, Emmanuel Macron pensait se rendre à Lunel (Hérault). C'est dans cette ville classée en zone de sécurité prioritaire (ZSP), d'où étaient partis une vingtaine de djihadistes ces dernières années pour rejoindre les rangs de Daech en Syrie, que le chef de l'Etat avait initialement prévu de poser les jalons du futur projet de loi sur les séparatismes, avant de se rétracter. Officiellement pour cause de crise sanitaire et de rebond de l'épidémie de Covid-19. Officieusement, parce que le texte, sur un sujet archi-sensible, n'était pas suffisamment prêt à ses yeux. « Et puis, Lunel, c'est quand même très marqué terrorisme. Un peu touchy pour venir parler communautarisme. Il ne le sentait pas », confiait un confident du Palais il y a deux semaines.

Un message plus positif que Lunel

« Les Mureaux, c'est un bon choix. Il fallait une ville qui soit concernée par l'ensemble des thématiques traitées dans le futur projet de loi, que ce soit en termes de politique de la ville, de lutte contre l'islam radical, d'intégration, etc. », confie un conseiller. En décembre 2019, le ministre de l'Intérieur d'alors, Christophe Castaner, et son secrétaire d'Etat Laurent Nunez, s'étaient rendus dans cette ville de lointaine banlieue, au nord-ouest de Paris, et l'avaient citée comme un exemple dans la lutte contre le repli communautaire et l'islamisme. Une destination qui envoie un message plus positif que Lunel donc…

Emmanuel Macron connaît par ailleurs lui aussi Les Mureaux. En 2015, alors ministre de l'Economie, il y avait visité une entreprise spécialisée dans l'impression 3 D. Deux ans plus tard, candidat à l'élection présidentielle, il s'y était de nouveau rendu, en compagnie de l'humoriste et animateur radio Yassine Belattar, pour rencontrer cette fois-ci des jeunes talents issus des quartiers populaires de la ville. Elu à l'Elysée, il y était revenu en février 2018 pour un déplacement consacré à l'accès à la culture. Jamais trois sans quatre…