Covid-19 : les vacances de février, une «bonne nouvelle» pour tenter de freiner l’épidémie

Au sommet de l’Etat, l’imminence des congés scolaires est vue comme une aubaine pour limiter les brassages.

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 «Les Français peuvent partir en vacances, insiste Jean-Baptiste Lemoyne. Si on rend visite aux grands-parents, qu’on n’hésite pas à faire un test avant.»
«Les Français peuvent partir en vacances, insiste Jean-Baptiste Lemoyne. Si on rend visite aux grands-parents, qu’on n’hésite pas à faire un test avant.» LP/Fred Dugit

À quelques jours des vacances scolaires, l'exécutif souffle. Et si le calendrier se révélait être un allié inattendu dans la bagarre contre le Covid? « Cela tombe bien, pour une fois qu'on a une bonne nouvelle! » glisse un membre du premier cercle. Du 6 février au 7 mars, les écoles ferment pour deux semaines, selon les zones. Dès samedi, les élèves des académies de Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Limoges, Lyon et Poitiers ouvrent le bal.

« Dans la décision du président de ne pas reconfiner, l'imminence des vacances est entrée en ligne de compte, souligne un conseiller gouvernemental. Pendant les congés, on constate paradoxalement une relative stabilité des courbes. C'est un moment où les gens restent en famille, bougent finalement assez peu. C'est ce qu'on a vu à Noël où on nous prédisait la cata! »

Pas de restrictions entre les régions

Une sorte d'auto-confinement light? Les brassages semblent moins nombreux. Le Conseil de défense, qui se tient ce mercredi, doit d'ailleurs examiner comment mieux sanctionner les contrevenants au couvre-feu. « La nouvelle doctrine, c'est on fait confiance aux gens, on responsabilise, mais on verbalise davantage aussi », résume un membre de cabinet ministériel. Les vacances ne s'annoncent pas olé olé. « Déjà, en période normale, les vacances de février ne donnent pas lieu à beaucoup de départs », rappelle le secrétaire d'Etat au Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne. Le cru 2021 s'annonce encore plus statique. Des remontées mécaniques fermées dans les stations de ski, quasiment plus de transport aérien, des bars et des restos au rideau baissé : les envies de changer d'air seront limitées. Concrètement, le gouvernement anticipe que 10 % des gens seulement feront leurs valises.

« Les Français peuvent partir en vacances, insiste Lemoyne. Il n'y a pas de restrictions interrégionales. Nous recommandons toutefois de la prudence et de la vigilance. Si on rend visite aux grands-parents, qu'on n'hésite pas à faire un test avant. » L'exécutif a demandé, par ailleurs, aux professionnels de se montrer souple sur les conditions d'annulation des réservations. Car tout peut encore changer, sur fond d'explosion des variants. « Y aura-t-il des mesures supplémentaires décidées pendant les vacances? Bien malin qui peut prévoir ce qui se passera dans deux ou trois semaines. Dans tous les cas, on tiendra les Français au courant, promet-on à Matignon. On essaie d'être le plus transparent possible. »

Une semaine d'école à la maison ?

L'hypothèse de vacances rallongées, évoquée la semaine dernière par le porte-parole Gabriel Attal, reste un scénario sur la table. « Mais le plus probable est qu'on ne change pas la durée des congés », estime-t-on dans l'entourage du ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer. Une piste circule, toutefois : les élèves pourraient se voir imposer une semaine d'école à domicile à l'issue des vacances, en respectant le calendrier de chaque zone. D'ores et déjà, les protocoles ont été renforcés, comme à la maternelle où un cas positif sera synonyme de fermeture de classe.

Le choix de maintenir le plus possible les classes ouvertes est « une exception française », s'enorgueillit-on dans l'exécutif. « On considère que les bénéfices sont supérieurs aux inconvénients, c'est pour cela qu'on maintient les écoles au maximum, résume un conseiller de poids. On est dans un pays où il y a beaucoup de familles monoparentales, où l'activité professionnelle des femmes est élevée. Et puis, on sait que fermer des classes est néfaste sur le plan psychologique pour les enfants. Sans compter l'aspect inégalitaire que cela constituerait. »

C'est aussi l'avis tranché de Jean-Michel Blanquer, qui ne cesse de monter au créneau sur le sujet. « Moi je constate qu'au retour des vacances de la Toussaint, comme aux vacances de Noël, vous avez une courbe épidémique qui monte dans les dix jours qui suivent, soulignait-il fin janvier, sur France 2. Les contaminations sont venues du milieu familial, dans la vie sociale, beaucoup plus qu'à l'intérieur de l'école ». L'école est-elle un lieu de faible contamination par rapport au milieu extérieur? A la vérité, les études scientifiques se suivent… et se contredisent. « Il y a deux écoles scientifiques sur… l'école », résume un conseiller éminent. En attendant, pas de vacances pour l'exécutif. « C'est impossible, personne ne comprendrait qu'on ne soit pas sur le pont », lâche un communicant.