Covid-19 : le Parlement prolonge l’état d’urgence sanitaire jusqu’au 1er juin

Les députés ont donné leur feu vert ce mardi à la prolongation de la mesure, par 278 voix contre 193.

 Le Parlement a voté la prolongation de l’état d’urgence sanitaire.
Le Parlement a voté la prolongation de l’état d’urgence sanitaire.  AFP/Ludovic MARIN

La majorité est acquise mais l'opposition s'est faite entendre. Le Parlement a voté ce mardi la prolongation de l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 1 er juin, par 278 voix contre 193 en lecture définitive du texte. 13 députés ont préféré s'abstenir.

L'urgence sanitaire a été en vigueur du 23 mars au 10 juillet 2020, puis réinstaurée le 17 octobre. Le Parlement l'a prorogée une première fois jusqu'au 16 février, puis mardi jusqu'au 1er juin. C'est par le biais de ce régime d'exception que le gouvernement déploie depuis ses mesures de restrictions pour tenter d'endiguer la propagation du virus. A savoir les mesures de confinement ou encore le couvre-feu à 18 heures.

Alors que la menace des variants pèse fortement en France, le gouvernement ne s'interdit pas de mettre en oeuvre un troisième confinement si la situation sanitaire venait à se dégrader. C'est pour se donner les coudées franche que l'exécutif a donc souhaité cette prolongation, largement contestée par les élus de l'opposition qui disent craindre une accoutumance du pouvoir à ce régime d'exception.

La fronde s'est même étendue à des groupes qui jusqu'à présent avaient toujours voté dans le sens de la volonté du gouvernement. C'est notamment le cas de l'UDI. Lors d'une conférence de presse, Jean-Christophe Lagarde, le président du groupe UDI à l'Assemblée, a ainsi justifié son vote du fait que, selon lui, la majorité « a un vrai problème avec le contrôle parlementaire ».

Au sein même de la majorité, quelques nuances se font entendre. Le groupe MoDem, dont deux députés se sont abstenus, réclame « la transparence dans les réponses et les chiffres ». « Nous ne pouvons pas donner tous les trois ou quatre mois de chèque en blanc au gouvernement", tonnait avant le vote Olivier Becht, patron du groupe allié Agir, qui ne voit pas la France « traverser toute l'année 2021 uniquement avec des mesures de confinement, de déconfinement, de reconfinement ou de couvre-feu ». L'Assemblée nationale s'apprête à modifier le 1er mars son propre règlement intérieur pour prévoir durablement comment organiser ses travaux "en période de crise" de tout type.