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Covid-19 : Jean Castex prolonge le reconfinement

Le Premier ministre a annoncé jeudi le maintien des mesures en vigueur pour les semaines à venir. Seuls les commerces pourraient être autorisés à rouvrir à partir du 1er décembre avant un nouvel assouplissement espéré pour les vacances de Noël.

 « La seule courbe qui m’intéresse, c’est celle des entrées en réanimation », a insisté Jean Castex jeudi lors de sa conférence de presse sur le Covid-19.
« La seule courbe qui m’intéresse, c’est celle des entrées en réanimation », a insisté Jean Castex jeudi lors de sa conférence de presse sur le Covid-19. LP/Olivier Corsan

Ceux qui espéraient entendre de bonnes nouvelles en ont été pour leur frais : le confinement restera bel et bien la règle en vigueur après le 1er décembre. Le bout du tunnel s'éloigne donc. « La seule chose qui pourrait changer, c'est que les commerces pourraient rouvrir », si la situation s'améliore, a annoncé Jean Castex, ce jeudi 12 novembre en fin de journée, lors d'une conférence de presse sur la situation de l'épidémie de Covid-19 en France. Il s'agissait de rendre compte des décisions du Conseil de défense où Emmanuel Macron avait convié dans la matinée pas moins d'une dizaine de ministres.

Concrètement, l'attestation de déplacement demeurera en vigueur encore quelques semaines. « Mais elle comportera après le 1er décembre une case supplémentaire dans la liste des dérogations : les déplacements dans un commerce ne vendant pas de biens de première nécessité », explique un conseiller de Matignon. De quoi aider les commerçants à rattraper une partie de leur chiffre d'affaires de fin d'année.

VIDÉO. Confinement : un possible allègement des mesures « à compter du 1er décembre », espère Castex

« Notre objectif est de pouvoir permettre un nouvel allègement au moment des vacances de Noël, afin que les Français puissent passer les fêtes de fin d'année en famille, a avancé Jean Castex, sans plus de précisions. Mais celles-ci ne pourront pas se tenir de la même manière que d'habitude. » Pas question, notamment, a prévenu le Premier ministre, « d'organiser de grandes fêtes à plusieurs dizaines de personnes », lors du réveillon du 31 décembre.

«Mon devoir est de vous protéger»

Les bars, les restaurants et les salles de sport resteront fermés. « C'est un crève-cœur », mais « mon devoir est de vous protéger », a lâché le chef du gouvernement. Avant d'ajouter, en réponse aux critiques : « La seule courbe qui m'intéresse, c'est celle des entrées en réanimation ». « Faire des efforts, cela paie, glissait un peu plus tôt un membre du gouvernement. Il faut faire partager aux Français les objectifs sanitaires pour qu'ils puissent se projeter dans le temps. »

L'air grave, le Premier ministre s'est lancé dans une litanie de chiffres, preuve que cette seconde vague épidémique « est extrêmement forte ». Avec plus de 10 000 décès ces deux derniers mois, le bilan s'établit aujourd'hui à 42 500 morts. Au cours de la dernière semaine, 400 à 500 hommes et femmes ont succombé, chaque jour, à cette maladie infectieuse. Ce qui signifie qu'« un décès sur quatre » est désormais dû au Covid-19 et derrière ces chiffres, ce sont autant de « vies brisées », a-t-il rappelé. Malgré ce ciel noir, Jean Castex a évoqué, prudent, une baisse de 16 % des nouvelles contaminations, « une tendance récente et donc fragile, qui devra se confirmer ».

Si c'est le cas, cela voudrait dire que le R, le nombre de personnes qu'un malade contamine est passé en dessous de 1, signe que le virus est sous contrôle. Mais en attendant, la décrue semble bien loin dans les hôpitaux débordés, qui se préparent à un pic d'admissions en début de semaine. Toutes les trente secondes, un patient arrive à l'hôpital et toutes les trois minutes, en réanimation. En soins intensifs, 40 % ont moins de 65 ans. Alors, on continue de pousser les murs, de reporter les opérations, d'évacuer les malades.

Plus de 120 transferts, selon le ministre de la Santé, ont été réalisés des régions les plus touchées, l'Auvergne - Rhône-Alpes, la Bourgogne - Franche-Comté vers la Nouvelle-Aquitaine, la Bretagne ou l'Ile-de-France. Il faut tenir, rappelle Jean Castex, qui en appelle « au civisme ». Ce vendredi, le locataire de Matignon se rendra dans un hôpital de Strasbourg (Bas-Rhin) pour rencontrer des soignants.