Covid-19, Europe, Chine... Macron s’est entretenu avec le successeur potentiel de Merkel

L’entretien s’est tenu dans un contexte particulier : celui des élections législatives à venir en Allemagne, où Markus Söder fait figure de favori pour remplacer Angela Merkel.

 Markus Söder en vidéo conférence avec Emmanuel Macron, à Munich, le 5 février 2021.
Markus Söder en vidéo conférence avec Emmanuel Macron, à Munich, le 5 février 2021.  AFP/Peter Kneffel

Un échange « très harmonieux ». Markus Söder, favori des sondages pour succéder à Angela Merkel à la Chancellerie, a tenu vendredi un entretien avec le président Emmanuel Macron dont il a dit notamment partager l'avis que l'Europe est trop lente dans ses prises de décision.

« Ce fut un entretien passionnant et aussi très harmonieux avec de grands points d'accord », a assuré le chef du gouvernement bavarois à l'issue de cette discussion « en anglais » d'une durée d'environ trois quarts d'heure.

Interrogé plus tard sur son favori comme remplaçant de la chancelière au pouvoir depuis près de seize ans, Emmanuel Macron a préféré botter en touche. "Quand il s'agit de politique française je ne fais jamais de pronostic (...) donc je m'abstiendrai d'en faire en matière de politique allemande aussi", a-t-il plaisanté lors d'une conférence de presse commune avec Angela Merkel à l'issue d'un conseil franco-allemand de défense et de sécurité.

"Nous travaillons main dans la main (...) avec beaucoup de confiance et d'amitié et jusqu'à la dernière seconde, c'est avec cet esprit-là que je travaillerai avec elle", a-t-il ajouté.

Des débats « sur l'efficacité européenne »

Lors de cette visioconférence avec Markus Söder, les deux hommes ont notamment parlé de la situation sanitaire, et plaidé pour une accélération de la politique de développement de nouvelles technologies en Europe afin d'atténuer la dépendance du Vieux Continent face aux Etats-Unis ou à la Chine.

« Nous avons parlé du fait que nous devons prendre des décisions plus rapidement en Europe », a-t-il déclaré, disant être complètement au diapason sur cette question avec Emmanuel Macron.

« Nous avons vu récemment avec les vaccinations qu'il y a beaucoup de questions sur l'efficacité européenne. Les débats ne vont pas disparaître », a-t-il prévenu, dans une critique à peine voilée en direction de la cheffe de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

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La Commission, qui a négocié les précommandes de vaccins anti-Covid au nom des Vingt-Sept, est visée par un feu nourri de critiques suite aux retards de la campagne de vaccinations.

Les deux hommes avaient déjà discuté brièvement il y a un an en marge de la conférence annuelle sur la sécurité, grand-messe annuelle des questions de défense.

Un successeur probable pour Merkel

L'entretien de ce vendredi, qui a eu lieu avant une réunion du conseil de défense et de sécurité franco-allemand, intervient toutefois dans un contexte politique bien différent.

Markus Söder est considéré comme un candidat sérieux à la succession d'Angela Merkel, qui doit boucler son quatrième et dernier mandat à l'issue des élections législatives du 26 septembre.

« Emmanuel Macron recherche les échanges avec Markus Söder dont il suit avec attention les bons sondages depuis Paris », estimait récemment le grand quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung dans un article intitulé « Macron mise sur Söder ». Selon le journal, l'entretien du jour s'est d'ailleurs déroulé à l'initiative de l'Elysée.

Plébiscité pour sa gestion de la pandémie, Markus Söder, qui dirige l'Union chrétienne-sociale (CSU), parti allié à l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière, est actuellement la personnalité politique la plus populaire derrière Angela Merkel. Son mouvement est traditionnellement classé plus à droite que la CDU, même si Markus Söder s'efforce de lisser son discours.

Dans les sondages, il est considéré aussi comme le candidat le plus qualifié pour la remplacer cet automne, toutes tendances confondues, alors que lui-même ne s'est encore pas officiellement déclaré partant.

Le parti conservateur vient de se doter d'un nouveau chef, Armin Laschet, 59 ans, un modéré proche d'Angela Merkel, désormais prétendant naturel à sa succession. Problème : il souffre d'une faible popularité dans le pays. Emmanuel Macron a déclaré vendredi à cet égard avoir également rencontré Armin Laschet il y a quelques mois.

CDU et CSU ont convenu de décider, probablement au printemps, qui sera le candidat du camp conservateur aux législatives. Dans le passé, il est arrivé à deux reprises qu'un responsable du parti bavarois CSU se porte candidat pour la chancellerie au nom des deux mouvements, à chaque fois sans succès.