Covid-19 : couvre-feu, restaurants, vaccins… Ce qu’il faut retenir des annonces de Castex

Le Premier ministre a notamment confirmé que certains établissements devront encore rester fermés, tout en annonçant une nouvelle accélération de la campagne de vaccination.

Première conférence de presse de l'année pour Jean Castex, en pleine polémique sur le rythme de la campagne de vaccination en France. Le Premier ministre, accompagné du ministre de la Santé Olivier Véran, du « Monsieur Vaccin » Alain Fischer et de la directrice d'un Ehpad parisien, a fait le point sur l'épidémie de Covid-19 et ses conséquences. Au programme, notamment, les mesures prises pour faire face à la circulation du virus et le calendrier de la vaccination, qui a démarré à un rythme poussif.

D'autres départements vont-ils passer en couvre-feu à 18h ? D'autres catégories de personnes vont-elles intégrer la liste des « prioritaires » pour la vaccination ? Voici les réponses apportées par le gouvernement ce jeudi en fin d'après-midi.

Pas d'autre département en couvre-feu à 18h... mais dix départements sous surveillance

La liste reste fixée à quinze. Aucun autre département ne passe en couvre-feu à 18h pour le moment. Depuis vendredi dernier, la situation épidémique ne s'est pas détériorée localement au point de devoir dès à présent prendre des mesures plus strictes.

Cela étant, 10 départements, situés dans l'Est de la France, sont désormais sous surveillance. Selon les éléments recueillis par Le Parisien, confirmant une information de BFMTV, il s'agit de l'Allier, les Alpes-de-Haute-Provence, les Bouches-du-Rhône, le Cher, la Côte d'Or, le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, la Haute-Savoie le Vaucluse et l'Yonne. Si la situation sanitaire ne s'améliore pas voire continue de se dégrader, le couvre-feu à 18h pourrait y être imposé dès dimanche. Ailleurs, la règle du couvre-feu à 20 heures demeure.

Covid-19 : couvre-feu, restaurants, vaccins… Ce qu’il faut retenir des annonces de Castex

Car la situation reste préoccupante, prévient le Premier ministre. « Même si le virus circule légèrement moins en France que chez la plupart de nos voisins, la situation est loin d'être revenue à la normale », explique-t-il, rappelant que le nombre de nouveaux cas s'élève désormais à 15 000 contaminations par jour en moyenne, contre 10 000 il y a quelques semaines. Loin de l'objectif des 5000 cas par jour, regrette Jean Castex, qui insiste sur la pression hospitalière qui demeure très forte. « Nous sommes toujours à plus de 25 000 personnes hospitalisées », dit-il, rappelant que les hôpitaux continuent de déprogrammer des opérations pour traiter les malades du covid.

En revanche, Jean Castex n'a pas évoqué la possibilité d'un troisième confinement, avancée à demi-mot par le président du Conseil scientifique Jean-François Delfraissy mercredi soir sur France 2. Interrogé à ce sujet, le Premier ministre ne cache pas que les considérations économiques pèsent, d'une façon ou d'une autre. « Reconfiner, ça veut dire fermer les commerces qui ne vendent pas des produits de première nécessité, je n'ai pas le souvenir d'avoir reçu de chaleureuses félicitations, explique-t-il. Nous avons sollicité les organismes scientifiques pour évaluer un autre outil que l'on appelle le couvre-feu. »

Vigilance sur les nouveaux variants

La flambée de cas au Royaume-Uni, liée sans doute à l'apparition du nouveau variant, inquiète le Premier ministre, qui annonce la prolongation de la fermeture des frontières pour une durée encore indéterminée. « Deux variants du virus nous inquiètent et nous mobilisent, développe Olivier Véran. Le variant anglais est considéré comme plus contagieux, de l'ordre de 40 à 70 %, devenant le variant majoritaire en Angleterre, sans être plus dangereux. » 19 cas de cette souche du coronavirus ont déjà été recensés en France, et 3 du variant sud-africain, a d'ailleurs fait savoir la Direction générale de la santé ce jeudi après-midi. Des chiffres confirmés ce jeudi soir par le ministre de la Santé.

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En réponse, le ministre annonce que tous les tests douteux seront analysés pour du séquençage génétique. Olivier Véran promet une surveillance accrue dans les écoles. Toute personne venant du Royaume-Uni doit présenter un test négatif datant de moins de 72 heures avant le départ.

La fermeture des écoles pas à l'ordre du jour

Au cours de la conférence de presse, Jean Castex a été interrogé sur une éventuelle fermeture des écoles, afin de prévenir contre la reprise épidémique. A ce stade, le gouvernement n'envisage pas une telle mesure. Ni même un renforcement du protocole sanitaire. « Il faudrait que la situation soit gravissime pour que nous fermions les écoles car nous connaissons les conséquences dramatiques de la fermeture des écoles », a-t-il balayé.

Cinémas et restaurants devront attendre

Ce jeudi 7 janvier était le jour annoncé de la clause de revoyure pour la réouverture des lieux culturels. Comme déjà annoncé par le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, cinémas, théâtres et salles de spectacles devront encore rester fermés. Jean Castex précise qu'une réouverture n'est pas envisagée avant la fin du mois. « La situation sanitaire ne nous permet aucune évolution aujourd'hui, indique-t-il. Les conditions de reprise début février seront étudiées avec les représentants du secteur. » Un point sera donc effectué le 20 janvier pour ces établissements. Ces règles sont aussi valables pour les salles de sport et les remontées mécaniques.

Les restaurants, censés rouvrir le 20 janvier, font aussi grise mine. Comme beaucoup de professionnels le pressentaient, ils devront garder portes closes au-delà de cette date. « La perspective d'une réouverture en janvier n'est pas réaliste » et est reportée a minima à la mi-février, indique Jean Castex sur ce point.

Enfin, pas un mot n'a été prononcé concernant les boîtes de nuit, fermées depuis le début du premier confinement il y a dix mois, en mars 2020.

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Des arrêts maladie sans délai de carence

À compter du 10 janvier, si une personne est déclarée cas contact ou si elle effectue un test qui se révèle positif, il lui suffira de s'inscrire sur le site de l'assurance maladie pour obtenir un arrêt de travail sans jour de carence. À compter du 20 janvier, une visite à domicile par un infirmier sera proposée à tous ces malades ou cas contact.

Deux évolutions sur la vaccination, la deuxième injection différée

Après avoir permis aux soignants âgés de plus de 50 ans de se faire vacciner dès le début de la semaine et annoncé que 500 centres de vaccination seront ouverts d'ici à la fin du mois, le gouvernement a annoncé quelques évolutions de la stratégie de vaccination. L'ouverture, d'abord, de l'accès à la vaccination aux personnes handicapées hébergées dans des établissements spécialisés. Les personnes de plus de 75 ans pourront quant à elles se faire vacciner à compter du 18 janvier. Ces personnes auront la possibilité de prendre rendez-vous sur un site Internet dédié, en appelant le centre de vaccination ou en appelant un numéro national.

Surtout, le gouvernement a décidé de différer le rappel de vaccination. « Il est possible sans risque et sans perte d'efficacité de différer la deuxième injection de six semaines de la deuxième dose du vaccin Pfizer », a indiqué Olivier Véran, affichant ainsi la volonté du gouvernement de jouer sur ces délais pour se donner plus de marges de manœuvre et vacciner plus de monde.

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La campagne « suscite des attentes ou des interrogations », a reconnu Jean Castex, reconnaissant un démarrage plus lent, qu'il attribue au principe de priorité, issue d'une concertation et des recommandations de la Haute autorité de santé. Moins de 1000 doses ont été injectées durant la première semaine, du 27 décembre au 3 janvier, et près de 20 000 au total. Rapporté à la population, c'est beaucoup moins que chez nos voisins européens.

« Tout le monde ne pourra pas être vacciné tout de suite, en France comme ailleurs », concède Jean Castex, qui a défendu à plusieurs reprises la nécessité de vacciner en priorité les populations les plus à risque. L'objectif : vacciner d'abord les 15 millions de personnes âgées. « D'ici fin janvier, les quantités reçues nous permettront de vacciner au moins un million de personnes, indique Jean Castex. Nous veillerons à acheminer des doses sur l'ensemble du territoire national. »