AbonnésPolitique

Covid-19 : à Marseille, Raoult, Rubirola et Vassal fustigent les mesures prises «depuis Paris»

Le célèbre infectiologue a tenu une conférence de presse avec les deux grandes élues phocéennes : la maire Michèle Rubirola et la présidente de la métropole Martine Vassal. Trois voix pour dénoncer un « deux poids deux mesures » du gouvernement.

 « Il faut répondre avec calme et optimisme à cette épidémie, le pessimisme tue les malades », a souligné Didier Raoult ce jeudi à Marseille.
« Il faut répondre avec calme et optimisme à cette épidémie, le pessimisme tue les malades », a souligné Didier Raoult ce jeudi à Marseille.  AFP/Christophe Simon

La maire écologiste de Marseille Michèle Rubirola et la présidente LR de la métropole (et du département des Bouches-du-Rhône) Martine Vassal, sa rivale aux dernières municipales, ont fait front commun ce jeudi contre « un gouvernement qui décide depuis Paris ». Une union sacrée sous les auspices du professeur Didier Raoult qui accueillait les deux élus pour une conférence de presse commune dans l'Institut hospitalo-universitaire (IHU Méditerranée Infection) qu'il dirige.

Félicitant les deux femmes d'avoir « transgressé les camps politiques », le médiatique professeur s'est voulu rassurant : il a rappelé chiffres à l'appui que cette épidémie « n'est pas un problème qui dépasse ce qui s'est passé dans le passé ». Il a mis en avant les bons résultats des Bouches-du-Rhône avec un taux de décès depuis le 15 juin de 8,1 % alors qu'il est, martèle le célèbre l'infectiologue, de 15,8 % à Paris.

Difficile donc pour Rubirola et Vassal de comprendre les mesures sanitaires annoncées mardi par le gouvernement pour la cité phocéenne : le port du masque dans tout le département et surtout la fermeture des bars, restaurants et épiceries à 23 heures. Alors qu'un accord avait été trouvé avec le préfet de région pour un dernier accueil des clients à 23 heures, ce qui aurait permis un second service. Mais le gouvernement n'en a pas tenu compte, à la grande colère des élus locaux qui craignent des retombées sur l'économie et sur l'emploi.

Le reconfinement, «une épée de Damoclès»

« Le gouvernement a décidé depuis Paris de ce qui serait bon pour notre ville, sans engager le dialogue nécessaire avec les élus, et surtout sans nous donner les moyens de faire respecter les décisions qui sont les siennes », a dénoncé la nouvelle maire de la ville. Tout en passant un message aux plus jeunes qui doivent « protéger leurs parents et leurs grands-parents », Michèle Rubirola, elle-même médecin, a demandé au gouvernement des renforts policiers « pour faire appliquer ses arrêtés ».

Quant au reconfinement de Marseille, classée en zone rouge de circulation du virus, envisagé par le gouvernement si la situation devait s'y dégrader encore plus, Martine Vassal considère qu'il s'agissait « une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes ».

« Inenvisageable », a renchéri la maire, ajoutant qu'à Paris, une mesure aussi drastique n'avait pas été envisagée. Et qu'il y avait donc un « deux poids deux mesures », comme elle a pu le dire de vive voix au téléphone au Premier ministre. Pour signifier leur indignation, la conférence de presse marseillaise s'est tenue symboliquement au même moment que celle de Jean Castex dans la capitale. Comme un match à distance.

«On veut de l'efficacité, pas une politique d'affichage»

« Ce que nous regrettons, c'est le manque de concertation », dénoncent les deux élues. « On veut de l'efficacité et pas une politique d'affichage, insiste Michèle Rubirola. D'après les chiffres, Marseille n'est pas le mauvais élève que l'on a voulu faire croire. Sur quels critères on nous stigmatise ? Pour qu'une mesure soit prise, il faut qu'elle soit comprise et c'est vrai que les habitants ne les comprennent pas. »

Newsletter Nos analyses et indiscrétions sur le pouvoir
Politique
Toutes les newsletters

Didier Raoult, véritable star dans la cité phocéenne, était venu épauler les deux élues avec quelques statistiques à l'appui. « Il faut répondre avec calme et optimisme à cette épidémie, le pessimisme tue les malades, a rappelé le microbiologiste dans un coup de pied de l'âne au gouvernement. Il faut des réponses graduées à chaque situation. »