Couvre-feu, vaccins, télétravail… Ce qu’il faut retenir des annonces de Castex

Le gouvernement, qui souhaite éviter autant que possible un nouveau confinement, a développé sa stratégie ce jeudi soir en conférence de presse.

 Le Premier ministre Jean Castex a détaillé la stratégie sanitaire de l’exécutif.
Le Premier ministre Jean Castex a détaillé la stratégie sanitaire de l’exécutif.  AFP/MARTIN BUREAU

Mobilisation générale. Voilà le message que le Premier ministre a souhaité faire passer aux Français ce jeudi soir, à de multiples reprises. Il y a tout juste six jours, Jean Castex avait pris la parole pour faire savoir que le gouvernement entendait éviter autant que possible un troisième confinement.

À l'approche des vacances scolaires, et même si l'épidémie n'a pas à ce jour montré de signe réel de flambée, la vigilance doit être aussi forte que possible, insiste l'exécutif. Le virus continue de circuler fortement et le temps est à la responsabilisation des citoyens. Voici tout ce qu'il faut retenir des annonces du soir.

L'épidémie progresse dans le pays

La tendance est désormais constante depuis des semaines. Le nombre moyen de contaminations est plutôt stable au niveau national, mais celui de patients admis au sein des services de réanimation augmente légèrement. Le gouvernement sait que l'équilibre sanitaire est fragile et qu'il peut être bouleversé dans un avenir proche.

« Aujourd'hui, six malades sur dix admis dans les services de réanimation sont des malades de la Covid », rappelle le Premier ministre. Jean Castex estime cependant que le pays n'a pas connu de nouvelle vague épidémique d'ampleur, alors que le taux de mortalité par habitant au cours de la deuxième vague serait « l'un des plus faibles d'Europe ».

La traque des nouveaux variants

Mais la menace de l'arrivée des nouveaux variants pèse encore fortement. « Ils peuvent conduire à des flambées épidémiques », prévient Jean Castex, qui évoque une menace « bien présente ». La part des contaminations à ces variants s'établirait désormais à plus de 14 %. Olivier Véran a quant à lui émis des craintes quant au variant brésilien, qui est apparu dans le pays et dont on ne sait que peu de choses à ce jour.

Le ministre a annoncé le déploiement de kits PCR spécifiques pour détecter ces variants. En cas de contamination à l'un de ces variants, le malade est appelé immédiatement, assure Olivier Véran. Le passage d'un infirmier ou d'une infirmière à domicile est automatique.

Le couvre-feu à 18 heures est maintenu

Il était très peu probable que le gouvernement se déjuge en l'espace de six petits jours. C'est confirmé : l'exécutif s'en tient pour le moment au couvre-feu de 18 heures pour limiter les déplacements des Français. « Notre stratégie nous a permis de garder le contrôle de l'épidémie », explique Jean Castex, félicitant les Français pour leurs efforts.

Pas question, à ce stade, d'aller plus loin. « Le confinement a permis de freiner l'épidémie, mais nous en connaissons le coût économique, social, humain, et parfois même sanitaire. Un confinement, si on le souhaite efficace, signifierait la fermeture de nos commerces et de nos établissements scolaires. » Un reconfinement ne sera décidé « qu'en tout dernier recours », continue le Premier ministre. « Si nous y sommes contraints, nous n'hésiterions pas à prendre nos responsabilités ».

Prudence pendant les vacances

Comme ce fut le cas pendant les fêtes de fin d'année, le gouvernement appelle à la plus grande vigilance et au respect des gestes barrière à l'approche des vacances scolaires, dès vendredi. Jean Castex a tenu à préciser lors du jeu des questions-réponses que si un confinement venait à être décidé pendant les vacances scolaires, l'intention de l'exécutif serait « d'autoriser les gens à regagner leur domicile ».

Renforcement des contrôles

« L'heure est au respect maximal de nos règles communes » ajoute le Premier ministre. Pour y parvenir, son ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a détaillé le renforcement des moyens mis en œuvre pour opérer les contrôles sur le territoire français. « Dès samedi, les contrôles ont été intensifiés et continueront de l'être dans les prochains jours », promet Gérald Darmanin.

S'agissant du respect du couvre-feu, le nombre des contrôles a augmenté de 39 % le week-end dernier par rapport au précédent et les verbalisations de 53 %. Depuis le 15 décembre (jour du déconfinement), 1,9 million de contrôles ont été effectués. Le ministre dit avoir demandé la plus grande vigilance vis-à-vis des fêtes clandestines, avec le démantèlement de plusieurs dizaines d'événements.

Newsletter Politique
Nos analyses et indiscrétions sur le pouvoir
Toutes les newsletters

Les contrôles sont également renforcés aux frontières, aériennes comme terrestres. Le nombre de voyageurs aériens a ainsi été divisé par trois depuis le 18 janvier, assure Gérald Darmanin. Les contrôles aux frontières terrestres sont renforcés, alors que la présentation d'un test PCR négatif est désormais obligatoire, y compris en voiture.

Déploiement espéré des tests salivaires dans les écoles

La France est depuis plusieurs mois l'un des pays qui en réalise le plus dans le monde, s'est félicité Olivier Véran, annonçant le chiffre de 4 tests par seconde.

Le ministre de la Santé annonce vouloir multiplier les opérations de tests massifs, notamment dans les écoles et les universités. Le ministre a précisé que le gouvernement espère pouvoir développer les tests salivaires pour les jeunes élèves après les vacances scolaires. À condition d'en obtenir préalablement le feu vert.

Dans les Ehpad, tous les volontaires vaccinés d'ici la fin de semaine

Depuis le lancement de la campagne de vaccination, réservée pour le moment aux personnes âgées et les plus fragiles, toutes les injections étaient réalisées avec le vaccin Pfizer/BioNTech ou avec celui conçu par Moderna.

Jean Castex s'est félicité que l'exécutif a dépassé en janvier ses propres objectifs. Notamment dans les Ehpad, où tous les volontaires auront reçu leur première injection d'ici la fin de la semaine. L'objectif pour février : quatre millions de premières injections à la fin du mois.

1,7 million de nouveaux rendez-vous

Le Premier explique désormais vouloir accélérer pour les plus de 75 ans et les personnes à risque. Sans « rien ignorer » des difficultés rencontrées par de nombreux Français, du fait des retards de livraison.

Le Premier ministre a annoncé l'ouverture de 1,7 million de rendez-vous de vaccination supplémentaires pour des premières injections. À savoir 500 000 d'ici la fin février, ouverts dès demain, et 1,2 million en mars, ouverts dès la semaine prochaine.

AstraZeneca : premières injections samedi

Comme pour marquer une nouvelle étape, le Premier ministre a dévoilé les conséquences de l'arrivée dans le pays du vaccin développé par AstraZeneca. Suivant les recommandations de la Haute autorité de la santé, l'exécutif a choisi de ne pas l'administrer aux plus de 65 ans.

Arrivée du vaccin AstraZeneca: « Cela va nous permettre d'accélérer » assure Jean Castex

Les premières livraisons, dès la fin de cette semaine, seront réservées au personnel soignant, indique Jean Castex. Les premières injections devraient débuter samedi.

Production des doses en Europe… et en France

« La France sera en mesure de vacciner d'ici la fin de l'été tous les Français qui le souhaitent », confirme Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée en charge de l'Industrie, qui évoque une montée en puissance de la production et des livraisons.

Cette semaine, le président de la République avait annoncé que des vaccins seraient produits ces prochaines semaines et ces prochains mois sur quatre sites Français. La France contribuera à produire au moins 3 vaccins : Moderna dès le mois de mars, BioNtech en avril, CureVac au mois de mai s'il obtient son autorisation et le Sanofi à partir du mois de juin. S'agissant de Sanofi, le ministère détaille au Parisien que le laboratoire va commencer à produire en juin son vaccin par anticipation de la phase 3, si les résultats de la phase 2 sont concluants.

Pas de relâchement sur le télétravail

Depuis le début de l'épidémie, le gouvernement a régulièrement appelé les entreprises à mettre en œuvre le télétravail chaque fois qu'il était envisageable. « Les salariés qui peuvent télétravailler cinq jours sur cinq doivent pouvoir le faire », réaffirme Élisabeth Borne, ministre du Travail.

Après environ 11 mois de crise sanitaire, l'exécutif a noté dernièrement une certaine érosion de la pratique dans plusieurs entreprises françaises.

La ministre du Travail a appelé les entreprises à faire plus d'efforts, pour atteindre deux objectifs :

  • Réduire la part des salariés qui ne télétravaillent pas du tout. « 1/3 des salariés dont les postes sont télétravaillables ne télétravaillent pas du tout », explique la ministre.
  • Les salariés qui télétravaillent 1, 2 ou 3 jours par semaine doivent faire au moins un jour de télétravail en plus.

Le gouvernement réaffirme cependant la possibilité offerte aux salariés de revenir un jour par semaine sur leur lieu de travail, afin de rompre avec un isolement potentiellement lourd pour les esprits. Une ligne d'écoute et de soutien (0800 130 000) est ouverte pour les salariés.