Coronavirus : la Chine défend son vaccin après les accusations en opacité d’Emmanuel Macron

Jeudi, le président français a mis en cause la Chine qui, en fournissant des vaccins à plusieurs pays sans être transparent sur les résultats des essais, pourrait conduire à « l’émergence de nouveaux variants » dans ces territoires.

 Emmanuel Macron à l’Elysée jeudi, accueillant son homologue moldave sur le perron.
Emmanuel Macron à l’Elysée jeudi, accueillant son homologue moldave sur le perron.  AFP/Ludovic Marin

Les vaccins chinois « sont efficaces et sûrs », a répondu vendredi la diplomatie chinoise, au lendemain de déclarations du président français Emmanuel Macron, critiquant l'opacité des sérums mis au point en Chine et même leurs risques potentiels face aux nouveaux variants du coronavirus.

« Le gouvernement chinois attache une grande importance à la sécurité et à l'efficacité des vaccins contre le Covid », a déclaré devant la presse le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Wang Wenbin. « Sur la base des essais cliniques de phase 3, il est manifeste que les vaccins chinois sont efficaces et sûrs », a-t-il ajouté, estimant que la communauté internationale devait « s'unir plutôt que s'affronter » autour des vaccins.

Qu'elle est loin la diplomatie du cheval, ce cadeau fait au président chinois lorsque Emmanuel Macron voulait se rendre en Chine une fois par an et apprendre, pourquoi pas, le mandarin … Lors d'un échange avec le groupe de réflexion américain Atlantic Council, le président français a estimé jeudi que Pékin avait déployé « une diplomatie du vaccin » auprès de plusieurs pays en développement, mais sans fournir d'informations transparentes sur l'efficacité de ces produits. L'Europe a fait savoir qu'elle était intéressée par les vaccins chinois à condition que Sinopharm ouvre le dossier en toute transparence; le président français a carrément critiqué l'opacité du vaccin chinois, ajoutant que « cela signifie qu'à moyen et long terme, il est presque sûr que si ce vaccin n'est pas approprié, il facilitera l'émergence de nouveaux variants; il ne va absolument pas arranger la situation des pays », a-t-il averti.

Cette expression de « diplomatie du vaccin », Pékin l'a toujours repoussée, estimant qu'elle dénigre les contributions chinoises à la lutte contre le coronavirus. Le pays s'est pourtant engagé, comme la Russie, la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis, dans la course commerciale au meilleur vaccin. La Chine a dépensé des sommes considérables pour soutenir les deux vaccins du laboratoire étatique Sinopharm, dont le Sinovac, le seul pour l'instant validé, et celui de Cansino, développé en partenariat avec l'armée. Le Sinovac est assuré d'être exporté au Pakistan, au Brésil, au Maroc, aux Émirats Arabes Unis. Et mercredi, les autorités chinoises ont annoncé apporter 10 millions de doses au dispositif Covax de l'ONU qui fournit des vaccins aux pays défavorisés, notamment en Afrique.

Pour l'heure, la Chine n'a approuvé qu'un seul de ses vaccins, mis au point par le laboratoire Sinopharm. Mais Pékin avait déjà commencé l'été dernier à vacciner, dans le cadre d'un programme d'urgence, certaines populations à risques, notamment des soignants, des diplomates et des étudiants en partance pour l'étranger.