Deuxième version de StopCovid le 22 octobre, « vague forte »… ce qu’il faut retenir des annonces de Castex

Le Premier ministre était l’invité de FranceInfo ce lundi matin à l’occasion de ses 100 premiers jours à Matignon.

Il n'avait pas chargé la première, mais le fera pour la deuxième… Jean Castex a annoncé ce lundi matin sur Franceinfo une nouvelle version de l'application StopCovid le 22 octobre prochain.

Le 24 septembre, sur le plateau de l'émission « Vous avez la parole » de France 2, le Premier ministre avait avoué qu' il n'avait pas téléchargé l'appli pourtant promue par le gouvernement pour lutter contre la propagation du coronavirus.

L'application StopCovid, sortie en juin, doit permettre à ses utilisateurs d'être prévenus s'ils ont croisé récemment, à moins d'un mètre et pendant plus de 15 minutes, un autre utilisateur qui s'est découvert contaminé par le SARS-CoV-2.

Mais très critiquée dès sa sortie, certains craignant qu'elle représente un premier pas vers une société de surveillance, elle est un échec. StopCovid, sous sa forme actuelle, a été installée plus de 2,6 millions de fois, soit bien moins que les applications britanniques et allemandes, téléchargées respectivement 16 et 18 millions de fois.

« Nous sommes dans une deuxième vague forte »

« Le gouvernement, le président de la République, ont demandé à travailler sur une nouvelle version qui sera officiellement lancée le 22 octobre et donc à ce moment-là je la téléchargerai », a précisé Jean Castex.

Dans ce qui ressemble à un lapsus, le Premier ministre a parlé du nom de « TéléCovid ». Ce ne devrait pas être le nom de la nouvelle version mais celle-ci devrait bien être rebaptisée. «Pour incarner une nouvelle dynamique », confie l'entourage du secrétaire d'Etat chargé du numérique.

Cédric O avait admis la semaine passée devant le Sénat que l'application actuelle marchait « mal ». Une nouvelle société doit remplacer fin octobre le français CapGemini qui travaillait jusqu'alors gratuitement comme chef de projet. Elle sera désignée via une procédure d'appel d'offres, et le plafond mensuel de dépenses liées à l'application augmentera, de 100 000 € aujourd'hui à « probablement autour de 200 000 € », a indiqué Cédric O.

Jean Castex a reconnu ce lundi que la France était « dans une deuxième vague forte ». « La réalité de la deuxième vague est là. J'appelle à ce que nous nous mobilisions tous et toutes, il ne peut plus y avoir de relâchement », a-t-il répété.

« Eviter les personnes qui s'agglutinent »

Le Premier ministre a assuré que les conséquences d'un confinement généralisé « seraient dramatiques ». « Le reconfinement généralisé doit être évité, c'est possible », a-t-il martelé en « demandant » de limiter le nombre de personnes reçues à domicile.

« Il faut éviter par tout moyen les personnes qui s'agglutinent, qui ne portent pas de masque, dans des lieux clos. Il n'y a vraiment rien de nouveau : je demande que l'on respecte les gestes barrière dans l'espace public et dans la sphère privée ».

Des « décisions pour les plus vulnérables »

Enfin, en raison de la crise économique provoquée par la pandémie, Jean Castex a expliqué que le « gouvernement annoncera les décisions qu'il prend pour les plus vulnérables » samedi, lors de la Journée nationale de lutte contre la pauvreté. «Pour les jeunes nous mettons en place des outils exceptionnels pour éviter qu'ils pâtissent de la crise », a-t-il expliqué.

Alors que les associations demandent notamment une hausse des principaux minima sociaux (RSA, AAH pour les personnes handicapées et ASPA pour les personnes âgées), ainsi que l'ouverture du RSA aux jeunes, le Premier ministre a fermé la porte à cette mesure « Nous ne varierons pas sur un point, c'est que tout ce qui est RSA, c'est-à-dire ce qui donne des allocations relatives à un état de pauvreté, ne sont pas dans nos priorités », a déclaré Jean Castex.

VIDÉO. Jean Castex :« Le reconfinement généralisé doit être évité »

Mais, selon lui, ce que veut le gouvernement « c'est booster tous les dispositifs d'insertion qui sortent les gens de cet état pour les conduire vers une formation, vers un emploi, et donc leur donnent une rémunération supplémentaire grâce à cela », a-t-il justifié.

Concernant le secteur du tourisme touché de plein fouet et qui fait l'objet ce lundi d'un comité interministériel, le chef du gouvernement a assuré que «l'activité partielle serait reconduite au moins jusqu'à la fin de l'année 2020, idem pour les exonérations de cotisations sociales ».