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Congé paternité allongé : une mesure saluée… et quelques interrogations

A partir de juillet prochain, le congé paternité sera rallongé à un mois, dont une semaine obligatoire. Si l’allongement à 28 jours est salué quasi unanimement, le caractère obligatoire sur 7 jours génère quelques questions.

 Initialement d’une durée de 14 jours, le congé paternité s’étend désormais sur 28 jours.
Initialement d’une durée de 14 jours, le congé paternité s’étend désormais sur 28 jours. LP/Aurélie Ladet

Sept jours. Telle est la durée pendant laquelle chaque père de famille devra s'arrêter de travailler à la naissance d'un enfant, à partir du mois de juillet. Et le congé paternité sera étendu à 28 jours au total contre 14 actuellement, a annoncé Emmanuel Macron ce mercredi.

Si ces mesures (à la charge de la Sécurité sociale) sont globalement saluées par la classe politique et par les partenaires sociaux, quelques voix réticentes se font entendre concernant les sept jours de congé paternité rendus obligatoires. D'après ses promoteurs, dont le gouvernement, cela doit notamment profiter aux salariés qui se sentiraient sous pression de leur employeur. Ils pourraient ainsi profiter sans crainte de quelques jours de congé lors d'un heureux événement.

VIDÉO. Congé paternité : « Il y aura sept jours obligatoires » annonce Emmanuel Macron

En face, l'un des angles d'attaques avancés est le risque d'une atteinte aux libertés. « Le congé parental ne peut pas être un droit imposé, il faut laisser la liberté aux personnes concernées ! », tonne le député de l'Orne Jérôme Nury (Les Républicains). « D'une façon générale, je n'aime pas les choses obligatoires. A plus forte raison s'agissant de quelque chose de très familial et personnel, je ne souhaite pas d'intrusion de la part de l'Etat », renchérit son collègue des Alpes-Maritimes Loïc Dombreval (LREM).

Congé paternité allongé : une mesure saluée… et quelques interrogations

Pascal Lavergne (LREM), qui siégeait à l'Assemblée nationale jusqu'en juillet dernier (l'ex-secrétaire d'Etat Christelle Dubos a alors repris son poste de députée de Gironde), se dit lui aussi « gêné » par cette nouvelle disposition. « Faisons appel à la responsabilité de chacun pour décider de ce qu'il veut », exhorte cet agriculteur. Le chef d'entreprise pointe également un argument pratique, disant « ne pas savoir comment on peut faire fonctionner une exploitation » en cas d'arrêt d'une ou de plusieurs semaines.

Pour les jeunes mamans, le congé maternité est pourtant déjà obligatoire pendant huit semaines (dont six après l'accouchement).

«J'espère qu'un maximum de papas prendront 28 jours»

Du côté des patrons, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a estimé dans un communiqué que cette obligation « serait peu compatible avec une politique familiale qui ne peut, et ne doit pas, être basée sur une démarche coercitive mais reposer, avant tout, sur l'adhésion du plus grand nombre dans un objectif d'évolution des mentalités ». « Les temps ont changé. Ce serait une vision rétrograde de penser que les chefs d'entreprise ne seraient pas capables de comprendre que leurs salariés désirent prendre un congé paternité », estime à ce propos Pascal Lavergne.

Reste que tous les élus s'accordent pour se réjouir du passage à 28 jours de congé paternité. « Je vais peut-être refaire un enfant du coup », sourit le député du Bas-Rhin et professeur d'histoire-géographie Bruno Studer (LREM), déjà quatre fois père de famille. Et Loïc Dombreval de conclure : « J'espère qu'un maximum de papas prendront 28 jours. »