Déconfinement «progressif», «adaptation partielle» : les mots prudents du gouvernement

Emmanuel Macron devrait s’exprimer en milieu de semaine prochaine, mais Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement a précisé ce mercredi que la France est encore « loin du déconfinement ».

Face à une légère amélioration sur le front de l'épidémie de Covid-19, l'exécutif se réunissait ce mercredi pour préparer la sortie du second confinement.

La France est encore « loin du déconfinement », a toutefois averti Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, à l'issue du Conseil des ministres. « Nous ne sommes pas du tout au déconfinement, on en est même loin. On parle d'une adaptation éventuelle du confinement à partir du 1er décembre si la situation sanitaire nous le permet », a affirmé le porte-parole, soulignant la « tension extrême dans les hôpitaux ».

Un nouveau Conseil de défense et de sécurité nationale (CDSN) centré sur la crise sanitaire était prévu dans la matinée autour d'Emmanuel Macron et de Jean Castex, avant le conseil des ministres. Au menu, une équation dont découlent beaucoup de questions : comment desserrer l'étau sans prendre le risque de relancer la circulation du virus et d'être contraint à un troisième confinement ?

Même si la barre des deux millions de cas confirmés depuis mars a été dépassée, « l'épidémie ralentit », a confirmé mardi soir le directeur général de la Santé Jérôme Salomon.

Emmanuel Macron s'exprimera la semaine prochaine

Emmanuel Macron devrait s'exprimer en milieu de semaine prochaine, mais une source proche de l'exécutif assure déjà que « le déconfinement sera progressif ».

Devant les députés, le Premier ministre a aussi prévenu que des « dispositions de freinage […] perdureront », plaidant pour « éviter le stop and go », tout en concédant que « peut-être nous avons déconfiné un peu trop vite » au printemps.

Les salles de sport devraient pouvoir accueillir les mineurs dès le 1er décembre et les cultes pourraient reprendre aussi à cette date, avec des restrictions sanitaires. Mais la question de la réouverture des commerces dits « non essentiels » n'est pas encore tranchée : ils doivent pour l'instant se contenter de ventes en ligne et sur rendez-vous, et réclament une reprise dès le 27 novembre, jour de la gigantesque opération commerciale du « Black Friday ».

La situation est encore plus difficile pour les bars et les restaurants. Pour eux, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a seulement promis « des perspectives au début du mois de décembre », et ils craignent de rester fermés jusqu'en 2021. Une catastrophe pour ces établissements mais aussi pour les filières d'approvisionnement comme celle de la volaille et du foie gras.

Dépistage et vaccination aussi au menu

Faut-il maintenir dans l'immédiat la limite d'une heure et d'un kilomètre pour les promenades, une règle attaquée par EELV devant le Conseil d'Etat ? Puis, à Noël, les déplacements pour se retrouver en famille seront-ils autorisés ? Le gouvernement doit encore trancher, même si la SNCF se dit déjà « prête » pour les vacances scolaires.

VIDÉO. Confinement : un possible allègement des mesures « à compter du 1er décembre », espère Castex

Au-delà du déconfinement, le gouvernement va devoir répondre au défi d'améliorer la stratégie de dépistage et d'isolement des personnes contaminées, grâce au déploiement des tests antigéniques, après l'échec du triptyque « tester, tracer, isoler ».

L'exécutif va aussi devoir mettre en place une campagne massive de vaccination. Alors que les vaccins sont encore en phase de tests, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a indiqué qu'1,5 milliard d'euros avait été budgété pour 2021.