Christian Estrosi transforme sa «France audacieuse» en parti politique

Le maire de Nice, qui avait appelé à un accord sous condition avec Macron pour 2022, a prôné ce mardi le «dépassement des partis» et le dialogue avec le gouvernement.

 Le maire de Nice a transformé son réseau d’élus de droite et du centre, qu’il avait fondé en octobre 2017, en formation politique.
Le maire de Nice a transformé son réseau d’élus de droite et du centre, qu’il avait fondé en octobre 2017, en formation politique. AFP/Valery Hache

L'Histoire retient que Louis XIV est né le 5 septembre 1638 au Pavillon Henri IV à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines). Retiendra-t-elle que c'est dans ce même lieu qu'est né ce mardi le nouveau parti politique de Christian Estrosi, la France audacieuse? Le maire de Nice, qui a été réélu en mars avec le double soutien de LR et de LREM, a en effet transformé son réseau d'élus de droite et du centre, qu'il avait fondé en octobre 2017, en formation politique qui revendique d'ores et déjà 6 000 militants. Parmi les maires qui ont répondu à l'appel, Arnaud Robinet (Reims), Karl Olive (Poissy), Xavier Bonnefont (Angoulême).

Assurant n'être « ni un traître ni un opportuniste », Christian Estrosi précise ne pas avoir quitté sa famille politique des Républicains. Mais tout au long de son discours, il ne s'est pas gêné pour fustiger les « partis politiques traditionnels » qui « sont des écuries présidentielles… quand elles ont un candidat! Et quand ils n'en ont pas, ils sont inaudibles! » L'allusion à LR, en manque d'incarnation, est limpide.

Une secrétaire d'Etat au côté du maire de Nice

Lui prône le « dépassement » des partis à partir des « territoires ». De là à voir dans la transformation de la France audacieuse en parti, un sas entre la droite et la Macronie, il n'y a qu'un pas… mais Christian Estrosi refuse pour l'heure de le franchir. « N'exaspérons pas aujourd'hui les Français en rentrant dans un débat présidentiel prématuré dans lequel ne se complaît aujourd'hui qu'un seul petit microcosme », met en garde… celui qui avait appelé LR dès la fin août à passer un « accord », sous conditions, avec Macron, en vue de 2022. « On n'est pas dans une écurie. On aura des avis différents sur la présidentielle », assure pourtant le maire (LR) de La Baule, Franck Louvrier.

Reste que l'approche se veut ouverte vis-à-vis du gouvernement en place. Tout en demandant à l'Etat du « respect et de la considération », Christian Estrosi rappelle sa volonté « de co-construire » avec lui. Symbole de cet état d'esprit, la présence de la secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées Sophie Cluzel, dûment validée par Jean Castex. « J'ai trouvé dans l'appel de Christian Estrosi une incitation à dépasser les clivages pour construire des réponses adaptées à toutes et tous », se réjouit la représentante du gouvernement.

Le lapsus

Un dialogue qui ne devrait pas attendre l'échéance présidentielle. « Si nous voulons préserver la plupart des régions gagnées en 2015 face aux extrêmes de gauche comme de droite, il nous faudra avoir cette faculté de dépassement », insiste le maire de Nice qui avait mené la liste LR en PACA en 2015. Le président (LR) du Grand-Est, Jean Rottner, abonde par vidéo interposée.

Vendredi, le maire de Saint-Germain-en-Laye, Arnaud Péricard participera à Angers à une initiative proche, celle de La République des maires, un rassemblement d'élus Macron-compatibles, en présence d'Edouard Philippe. Christian Estrosi n'y participera pas lui-même. « J'ai demandé à Arnaud d'y représenter La France en marche », précise-t-il en un joli lapsus. Avant de rectifier sans ciller : « La France audacieuse ».