Après Conflans, des sanctions contre ceux qui publient des informations menaçant la vie d'autrui

Ces annonces ont été faites dans la foulée d’un nouveau Conseil de Défense, le deuxième depuis l’attentat survenu à Conflans il y a une semaine.

Le gouvernement est attendu sur des actes contre la mouvance islamiste depuis la décapitation de Samuel Paty vendredi dernier. Ce vendredi, à l'issue d'un Conseil de Défense, le Premier ministre a annoncé « le renforcement de la protection des fonctionnaires et agents publics en pénalisant ceux qui font pression sur eux comme cela s'est produit à Conflans Sainte-Honorine », ainsi que la « possibilité la sanctionner ceux qui mettent en ligne des informations personnelles mettant en danger la vie d'autrui », comme ce fut le cas pour Samuel Paty.

Ces mesures doivent venir « parachever » le projet de loi renforçant la laïcité et la lutte contre les séparatismes, dont Emmanuel Macron avait exposé les grandes lignes début octobre aux Mureaux (Yvelines), et qui doit être présenté en Conseil des ministres le 9 décembre.

« La surveillance des réseaux sociaux et de la haine en ligne seront intensifiées », a également annoncé Jean Castex. « La plateforme Pharos sera renforcée sans délai, et un pole spécialisé sera créé au sein du parquet de Paris pour en améliorer l'efficacité ».

Priorité absolue

Depuis l'assassinat de l'enseignant à Conflans-Sainte-Honorine, Emmanuel Macron a fait de ce dossier sa priorité absolu. Dès dimanche soir, le président avait réuni un Conseil de défense où il avait donné son feu vert à une vaste opération policière contre les milieux radicalisés, qui a débouché le lendemain sur des dizaines d'interpellations et de contrôles.

Le président de la République avait aussi demandé aux ministres de la Justice, de l'Intérieur et de l'Education de réfléchir à des mesures qui pourraient « enrichir ou améliorer » ou encore «parachever » le projet de loi.

Le gouvernement, qui a déjà annoncé la fermeture de la mosquée de Pantin, et la dissolution du collectif Cheickh Yassine, créé par Abdelhakim Sefrioui, un militant islamiste radical actuellement en garde à vue dans l'enquête sur l'attentat, est également sous la pression de l'opposition de droite et d'extrême-droite, qui multiplie les propositions pour lutter contre l'islam radical.

« 123 visites domiciliaires ont été décidées et 56 ont d'ores et déjà été réalisées », a également annoncé le Premier ministre ce vendredi. « 1279 signalements à la plateforme Pharos, services spécialisé chargé du recueil des signalements illicites sur internet, ont permis 27 interpellations », a-t-il ajouté.