Boycott de Mélenchon, Rubirola mal à l’aise, BHL… Trois moments forts de «Vous avez la parole» sur France 2

Olivier Véran était l’invité principal de « Vous avez la parole », jeudi soir. L’émission politique de France 2 a aussi fait intervenir la maire de Marseille Michèle Rubirola, « en colère » et visiblement mal à l’aise, et l’écrivain Bernard Henri-Levy, qui a fustigé le couvre-feu.

 Olivier Véran a eu un échange avec la maire de Marseille, Michèle Rubirola.
Olivier Véran a eu un échange avec la maire de Marseille, Michèle Rubirola. Capture d’écran France 2

Une première, qui a donné lieu à plusieurs scènes marquantes. L'émission politique de France 2 « Vous avez la parole » était, pour la première fois ce jeudi soir, totalement délocalisée hors de Paris. C'est à Marseille que les animateurs Thomas Sotto et Léa Salamé ont invité Olivier Véran à s'exprimer sur la crise du Covid-19.

Le ministre de la Santé (derrière lequel trônait… le trophée de la Ligue des champions remporté par l'OM en 1993) a aussi pu débattre face à la maire de la cité phocéenne Michèle Rubirola, à des soignants, et à plusieurs personnalités de la société civile. Jean-Luc Mélenchon était, lui, finalement absent. Voici trois moments forts à retenir de cette soirée.

Mélenchon boycotte, l'émission se défend

Il était annoncé comme l'un des principaux invités. Mais Jean-Luc Mélenchon a fait faux bond à quelques minutes avant la prise d'antenne sur France 2. Dénonçant un « changement dans l'organisation de l'émission », le leader de la France insoumise reproche à la chaîne d'avoir accordé une place trop importante à Olivier Véran. « Les émissions politiques doivent respecter leurs invités. Sur le service public, les opposants aussi ont des droits. Castex, Macron, Véran à la suite sur France 2. Nous ne sommes pas leur décor », s'est-il insurgé sur Facebook et sur Twitter, faisant référence au précédent « Vous avez la parole » avec le Premier ministre le 24 septembre et à l'interview présidentielle de mercredi soir.

Le compte Twitter de l'émission a, dans un premier temps, sobrement indiqué que le plateau « lui est ouvert jusqu'à la fin de l'émission ». Puis, vers 22 heures, au moment où Mélenchon était censé faire son entrée, Thomas Sotto a indiqué que celui-ci avait « exigé » qu'Olivier Véran « quitte le plateau pour intervenir ». « C'est une condition dont il n'a jamais été question. […] Il est évident que nous gardons la maîtrise éditoriale de cette émission », s'est poliment insurgé l'animateur, disant « regretter ce choix ». « Salamé et Sotto sont des menteurs. Ils ne maîtrisent pas leur ligne éditoriale : c'est juste le chaos », lui a rétorqué à distance Jean-Luc Mélenchon.

Cet épisode ne risque pas de réchauffer les rapports régulièrement tendus que le député de Marseille entretient avec France Télévisions. Le 17 avril dernier, il avait dénoncé une « émission de pure propagande » et « sans droit à la parole pour un seul opposant », au lendemain d'une soirée spéciale consacrée aux conséquences de la crise sanitaire sur les pays européens.

L'intervention « lunaire » de Rubirola

Très discrète depuis son élection comme maire de Marseille le 4 juillet dernier, Michèle Rubirola a fait une apparition très remarquée. Elle n'était pas en plateau, pourtant installé au stade Vélodrome, mais en duplex depuis son bureau… dont les murs faisaient résonner ses propos avec un important écho. L'édile, visiblement un peu intimidée et mal à l'aise, semblait lire régulièrement ses notes sur un écran posé sur la table devant elle. Se disant « en colère », elle a notamment dénoncé un « manque de moyens hospitaliers ».

« Quel sera l'impact du couvre-feu sur les lieux de contamination comme les lieux de travail, la restauration collective, les universités ? Aucun », a-t-elle aussi taclé, reprenant un argument avancé la veille par Jean-Luc Mélenchon. Mercredi soir, le leader de la France insoumise avait asséné que « 60 % des contaminations ont lieu au travail ou à l'école ou à l'université entre 8 heures et 19h ». Ce qui est invérifiable en l'état, puisque ce pourcentage correspond en réalité aux « clusters » qui ne représentent qu'une infime partie (environ 6 %) des contaminations depuis le début du déconfinement.

Des problèmes techniques ont finalement perturbé la fin des échanges de la maire de Marseille avec Olivier Véran et avec les autres invités présents en plateau. Son intervention a été qualifiée de « lunaire » par de nombreux téléspectateurs qui l'ont commentée sur les réseaux sociaux, tandis que quelques autres l'ont défendue en avançant qu'elle n'avait « pas été élue pour bien parler à la télé ».

BHL : « Un couvre-feu, c'est quand les Allemands sont à Paris »

Le couvre-feu, à partir de 21 heures en Île-de-France et dans huit métropoles? Pas du goût de Bernard Henri-Levy. « Un couvre-feu, c'est quand les Allemands sont à Paris, c'est quand il y a des attentats de l'OAS, ça pourrait se justifier quand il y a des attentats islamistes dans Paris », a fustigé l'auteur récent de « Le virus qui rend fou », reprochant au gouvernement de faire une « erreur ».

« Il y a un autre virus, c'est celui de la peur, celui de la panique, et il est presque aussi dangereux que l'autre », a-t-il encore taclé dans un monologue que les journalistes ont eu du mal à interrompre. « Là maintenant, il faut laisser répondre le ministre, là on va couper, laissez le parler ! », s'est exclamée Léa Salamé au bout d'un moment. Olivier Véran a finalement pu rétorquer : « M. Bernard-Henri Lévy, je suis à peu près sûr, si je devais lire votre livre, de ne pas y trouver des moyens de sauver des vies. »