Benoît Hamon : «On a besoin d’une majorité clairement écolo»

L’ex-candidat socialiste à la présidentielle sera aux régionales de juin en deuxième position dans les Yvelines sur la liste écologiste de Julien Bayou. Il nous dévoile ses ambitions pour la région et pour la gauche.

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 « C’est Julien Bayou qui incarne le mieux le niveau d’exigence et d’urgence écologique et sociale auquel j’aspire », estime Benoît Hamon.
« C’est Julien Bayou qui incarne le mieux le niveau d’exigence et d’urgence écologique et sociale auquel j’aspire », estime Benoît Hamon.  LP/Olivier Corsan

Benoît Hamon officialise sa présence sur la liste écologique de Julien Bayou aux régionales en Ile-de-France. Pour l'ancien candidat socialiste à l'élection présidentielle en 2017, « on ne peut plus regarder défiler les minutes du tic-tac climatique et rater une fois de plus, en juin prochain, un rendez-vous avec le climat ».

Pourquoi sortir de votre réserve aujourd'hui ?

BENOÎT HAMON. J'y vais à la demande de Julien Bayou. L'Ile-de-France, c'est 2 % du territoire national et plus de 10 % des effets de serre. Ce qui va se passer en juin aura donc de l'importance au niveau national sur deux questions essentielles, sociale et écologique. On ne peut plus regarder défiler les minutes du tic-tac climatique et rater une fois de plus, en juin prochain, un rendez-vous avec le climat. On a donc besoin d'une majorité clairement écolo. En Ile-de-France comme ailleurs, on se limite trop souvent à mettre un peu d'eau claire dans de l'eau sale. Mais le résultat, c'est toujours de l'eau sale. Enfin, même si j'ai beaucoup de respect pour Clémentine Autain (NDLR : tête de liste La France Insoumise) et Audrey Pulvar (NDLR : tête de liste socialiste et apparentés), c'est Julien Bayou, qui a réussi à rassembler six formations écologiques et qui incarne le mieux le niveau d'exigence et d'urgence écologique et sociale auquel j'aspire pour notre région.

La liste d'Audrey Pulvar vous paraît moins crédible ?

Je n'ai pas de doute sur les convictions d'Audrey Pulvar en matière écologique. Mais quand on est obligé de composer sa liste avec des gens qui sont en faveur du grand centre commercial Europacity ou qui restent productivistes, arrimés aux vieilles recettes de l'ancien monde, ou avec d'autres qui le sont moins, le vrai risque c'est de choisir la voie médiane. J'avais besoin d'un engagement dans la clarté. Et je l'ai trouvé avec Julien Bayou.

Quelles sont les idées que vous allez pousser ?

Nous devrons conditionner les aides versées par la région aux entreprises à des engagements sur le climat et la biodiversité. Je pense ainsi que les marchés publics régionaux ne devraient plus être passés avec des entreprises qui utiliseraient des perturbateurs endocriniens ou qui ne respectent pas l'accord de Paris. En matière de transports, le vrai enjeu, est d'améliorer la fréquence, la régularité, la propreté et la sécurité des trains. Or, envisager la gratuité pour tous, un débat intéressant ouvert par Audrey Pulvar, est infaisable. Surtout depuis la dette accumulée en raison de la crise du Covid (plus d'un milliard d'euros). Enfin, si nous sommes élus, nous lancerons une expérimentation du revenu universel d'existence pour en analyser concrètement toutes les conséquences.

Vous allez œuvrer pour un rassemblement des listes de gauche au second tour ?

Bien sûr. Je suis pour le rassemblement quelle que soit la liste qui arrivera en tête. Mais pour moi, il faut que ce soit celle de Julien Bayou pour que demain, l'Ile-de-France soit vraiment écolo et aussi pour que la gauche poursuive sa métamorphose en faisant de l'écologie le cœur de son projet.

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Vous ne craignez pas de vous faire vampiriser par Les Verts ?

Si l'on peut se diriger vers la création d'une grande formation écologiste et sociale, moi, comme Génération.s, nous nous en réjouirions. Il n'y a rien d'indépassable entre nous, le PS, les Verts et les Insoumis.

Les régionales, c'est un premier pas vers la présidentielle ?

Je n'ai pas du tout l'intention de redevenir un acteur politique de premier plan. Je ne serai donc pas candidat en 2022. En revanche, je soutiendrai celui ou celle qui prendra en compte dans son programme le revenu universel, même si, bien sûr, ses modalités pourront être discutées. Ce candidat devra aussi s'inscrire dans une vraie logique de rassemblement. Ça, c'est peut-être plus difficile que l'adoption du revenu universel (sourires).